‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 103 sur 290 · Eccle., Xir, i · texte numérisé non relu

Eccle., Xir, i

SAINT BERNARD ET LA VIE ^IO> \STIOl E (S [

comme l'ombre et se sont écoulés sans fruit. Il m'est iinpossi})le de les rappeler; qu'il vous plaise que j'y songe eu pensant à vous dans la tristesse de mon âme'. »

Le lecteur voit aussitôt que ce n'est pas dans sa dernière maladie que Bernard a prononcé ces mots, ou alors qu'il se croyait sur le point de mourir, mais dans une prédication appartenant à la série de celles qu'à intervalles inégaux il fit à ses confrères sur le Cantique des Cantiques. Et que veulent donc dire ces paroles dont le contexte nous permet maintenant de saisir le véritable sens? Ce que Luther y ^ oyait en i5i8, alors qu'il avait le regard plus limpide, et (ju'il n'était pas eucore animé contre l'Eglise d'une haine implacable : riuuuble confession de l'àme repentante, en présence de Dieu. Luther dit:- « Je sais qiie si Dieu juge ma vie, elle est tout entière digne de condamnation, mais il m'a commandé de me fier à sa miséricorde et non à ma vie, car il a dit : (( Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis. » Ta miséricorde. Seigneur, est meilleure que la vie. d 11 rapporte alors la parole de Bernard, et il conclut : « Ainsi la crainte du jugement t'humiliera, mais l'espérance en la miséricorde te relèvera. »

Mais en i52i il commença déjà à imputer aux reli-

1. «Inclina tibi, Dcus, modicum id quod nie dif;natLis es esse, atque de mea misera vita suscipe, obsocra, rcsiduum annorum meorum : pro liis vcro (annis), quos vivendo jierdidi. ([nia perdile vi\i, cor contrituni et luuniliatuni, Deus, non despicias. Dies iiiei slcnt uuibra declinavernnt et praHericrunt sine friictn. Inipossibile est, vit rcvoccm ; placcat ut recogitcm tibi eos in <aniaritudine aninue mea^. »

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