Sur ce sujet, voir, plus loin, le cli. \i
SAINT lîEUNARD ET LA VIE MONASTIQLE 83
DE CisNEROs : « Invoque la miséricorde de notre Sauveur, et mets entre foi et Dieu sa précieuse mort et sa passion, en disant: 0 Seigneur, sois-moi propice, à moi pauvre péclieui', par la sainte passion de ton Fils bien-aimé, qui s'est offert pour moi en sacrifice sur la croix » etc. ^ C'est précisément ce que l'Eglise catholique a toujours exprimé et exprime de mainte manière dans la seconde partie des litanies des saints, qu'on ne récitait nulle part aussi fréquemment que dans les couvents. Et dans sa « Règle pour les laïques », l'historien bien connu Theodoric Engelhus, et qui semble être mort à Wittenberg même en i434, ne connaît pas non plus, pour les laïques à l'iieure de la mort, de meilleure prière que celle-ci : « Seigneur Jésus- Christ, Fils du Dieu vivant, mets ta passion, ta croix et ta mort entre ton jugement et mon âme 2. » Pour un protestant, qui accueille aveuglément la monstrueuse calomnie de Luther, que « par les bonnes œuvres les catholiques veulent être leurs propres justificateurs et rédempteurs 3 », il doit assurément être étrange de s'entendre dire qu'aussi bien au temps de Luther et de son ordre, qu'aujourd'hui encore, dans le huitième répons de l'office des morts, l'Eglise fait cette prière: « 0 Seigneur, ne me juge pas selon mes œuvres, car je n'ai rien fait qui soit digne de ton regard ; c'est
I. Je me sers de l'édition latine postérieure : Exercitaloriuni viise spiritualis, Ingolstadii i5iji ; seconde partie du volume, p. i3o. La première édition, en espagnol, avec le titre Ejrrcitatorio espiritual, fut imprimée en i5oo.
3. Dans A. La.ngenberg, Quellen iind Forscluinyen ziir GesclddUe der dcutschen Mystik, 1902, p. 83.