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SVINT BERNAUn ET LA. VIE MONASTIQUE 8()
cel état : c Comment n'ètes-vous pas déjà comme des anges de Dieu dans le ciel, complètement étrangers à ce ([ui regarde le mariage», etc. ^. C'est après 1187, c'est-à-dire en ii4i ou ïil\2 qu'il a composé sur l'état religieux le célèbre traité Du Précepte et de la Dispense. qui est ]3armi les plus beaux ouvrages et les plus instructifs (pi'on ait jamais écrits sur ce sujet-. On y lit notamment 3 : u La discipline monastique a mérité d'être appelée un second baptême, et cela, à cause de son mépris complet du monde et de l'excellence particulière de la vie spirituelle, qui surpasse tous les genres de vie, met ceux qui la professent au-dessus du genre humain et les rend semblables aux anges. ))
Sous quel aspect de fausseté Luther ne commencet-il pas à nous apparaître! Il induit en erreur sur l'époque oîi remontent deux paroles qu'il cite de saint Bernard ; bien plus, en pleine connaissance de cause, il donne à la première de ces deux paroles (et ses partisans après lui)''' un sens contre lequel saint
1. K (hii> rniin cœlibem vilaai, vilain cœlestem et angclicam iliceri' vercalur... Quoinodo non jani nuac estis sicut angeli Dei in cœlo, a nnptiis peniliis aljstinentcs ». Mip:nc, t. i8.^, col. (j.'u, H. 5.
2. C. XN H, n. ai (Miiine, t. 182, col. 88g) Je reviendrai [ilus loin sur cet ouvrage. (Ci-après, ch. m, p. 91 et suiv.).
3. On trouve une exposition claire de tout ce traité dans {'Histoire litt. de S. Bernard et de Pierre le Vénérable, Paris, 1778, p. 2.'|0-2J5. Sur le second baptême, voir ci après, ch. xi et xii.
'i. Par exemple Jean Blc.enh.vgen (Pomeranvis) écrit dans son: \'on dem elwlirlien stande dcr BischojJ'e iind Diaken an Herrn Wolff- •jung Reyssenbusch (Wittcnbcrsi-, iDiâ), fol. O iiij" : « Nous li<ons de quelques-uns, parmi les(ineis se trouve même saint Ber-
<)0 SAINT BEKN.VRD ET L\ VIE MONASTIQUE
Bernard se serait révolté avec horreur. Et ce sens, Luther l'a imaginé uniquement pour arriver à ses fins'.
Jiard, qu'à la fin de leur vie ils ont rejeté toute justice luunaine et le dur et pénible travail des œuvres propres qu'ils avaient pratiquées auiiaravant i)endant plusieurs années ; ils ont confessé publiquement que c'était iniiqucment à cause de la miséricorde •tle Dieu et par le sang de Jésus-Christ qu'ils devaient être sauvés ».
3. Dès lors, il n'est que plus curieux de voir Seeberg clierclicr à excuser Luther par cette remarque C£ue vraisemblablement, il n'avait lu [(u'uiie fois la phrase de Bernard ; par ((distraction », il l'aura interprétée d'une manière erronée et mise dans la bouclie de Bernard mourant. De mensonge, pas le moindre mot. (Xeue Preitss. Zeilimg, igoS n. ôGg). Mais comment se fait-il donc qn avant son apostasie, comme nous l'avons vu, Luther a interprêté d'une manière parfaitement correcte la parole de saint Bernard ?
Sur ce point, Scelierp ne pouvait évidemment que garder un .silence prudent.