‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 123 sur 290 · LES VC»:L:X DETACHENT-ILS DU CHRIST · texte numérisé non relu

LES VC»:L:X DETACHENT-ILS DU CHRIST

et répandu son ouviagc sur les vœux, et que Staupitz cul lu les doctrines et les accusations dont nous venons de parler, il lui écrivit, après un long silence (lâaZi) : (( Pardonne-moi, si quelquefois je ne comprends pas ce que tu dis... Qu'est-ce donc qui a rendu si odieux à ton odorat l'habit monastique, que la plupart portent avec une foi sainte dans le Christ .' Hélas, il est certain que dans presque tout ce qui est humain il y a des abus et ils sont rares ceux qui prennent la foi pour guide ; il y en a pourtant quelques-uns. Il ne faut donc pas se faire un prétexte d'un mal accidentel, qui ne regarde que les individus, pour condamner l'institution elle-même. Toi et les tiens, vous rejetez sans dictinction tous les vœux, alors que vous n'avez raison de le faire que pour un tœs petit nombre, et peut-être seulement pour un seul '. » On comprend la plainte de Staupitz. Dans la congrégation, personne mieux que lui ne connaissait la nature de l'ordre, la signification des va'ux, le sens des constitutions. Comme interprétation authentique de tout cela, il a sinon introduit, du moins laissé dans les constitutions destinées à sa congrégation, les oraisons que nous avons rapportées. Dès lors, les procédés de Luther devaient l'étonner plus que personne. Toutefois, il le

1. X'oir le texte latin dan.s Th. Kolue. Die dciitsche AïKjiistiuer- Kongreçjation uiid Johann von Staupil: (Gotha, 1879), p. /i-'i;. Mais je ponctue ainsi : « Vola passim omnia nhjicitis, in paucissimis, forte iino dumtaxat, fiindati.-» Kolde traclnit p. 3'i5 : «Peu à peu vous rejetez tous les vœux, et un très petit nombre d'entre vous peutêtre pour un seul motif I» Du reste, Koldc fait de cette dernière lettre de Staupitz à Luther un exposé qui jure complècmcnl avec les faits.

LES vœux DÉÏVCHENT-ILS DU CHUIST .' 19.1

Iraitait en ami ; il ne disait pas toute sa pensée ; dans les plaintes que je \iens de rapporter, il y avait à la fois une admonition amicale et le reproche de condamner ce qui est bon en soi, et que Luther lui-même avait leconnu comme tel. 11 ne pouvait plus le comprendre. Staupitz ne nie pas les abus et je ne les nie pas davantage. Mais à cause d'abus qui peuvent exister et qui existent de fait, faut-il renverser l'institution ellemême ? Qu'est-ce que Luther lai-mème dit donc des abus, précisément à cette époque, quand cela va à ses affaires? Absolument ce que lui remontre Staupitz. 11 dit dans un sermon contre Carlstadt : a Si nous voulions rejeter tout ce dont on abuse, quel spectacle préparerions-nous ! Il y a beaucoup de gens qui adorent le soleil, la lune, les astres ; allons-nous donc monter au ciel, en faire tomber les étoiles, en précipiter le soleil et la lune ? Xon, nous aimons mieux les laisser à leur place. Le vin et les femmes causent à beaucoup d'hommes des afflictions et des chagrins, ils en rendent un grand nombre fous et insensés : dès lors, allons-nous jeter le vin et tuer les femmes? Assurément non! L'or, l'argent, les propriétés engendrent beaucoup de mal parmi les hommes; faudra-t-il rejeter tout cela? Encore une fois, non ' ». En 1024. il répète contre les Orlamondois sa raison tirée du vin et des femmes -. Une autre fois il cite le proverbe : « Où Dieu élève une église, le diable vient à côté bàlir

1. Erl., 28. p. 280 (de 1Ô22 : ers prédications nous sont parvenues sous forme de copies).- Voir aussi ilii'l., p. Soi), et \N'c'ini., t. X, parlic m. p. lxxtiii et suiv.

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