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démons que l'on fait ces vœux, sacrilèges, impies et idolâtres'. »
On ne s'étonne pas que d'aussi odieux travestissements aient pu faire impression sur les religieux qui se joignirent à Luther, quand on sait que ces hommes appartenaient déjà au courant de la décadence. Mais Kolde, lui aussi, accepte les yeux fermés tout ce que le Luther des derniers temps dit de ses années d'autrefois : « Combien étaient entrés dans un monastère pour faire leur salut, et y vivaient tranquilles ! L'habit leur garantissait leur état de sainteté. Avec Luther, il en alla autrement. 11 s'entendait dire que comme moine, il dépassait de beaucoup les prescriptions des commandements ; mais sa conscience lui attestait qu'il n'en était rien. Il se serait taxé de témérité s'il eût osé prétendre avoir accompli parfaitement ne fut-ce qu'un seul des commandements de Dieu. Après son entrée dans le cloître, il mit d'abord tous ses efforts à recourir aux ressources de la vie monacale pour atteindre l'idéal de sainteté et de justice qui avait resplendi à ses yeux^ ».
Les théologiens protestants ne veulent pas reconnaître qu'après son apostasie, Luther a falsifié l'enseignement catholique en général, et notamment la partie qui a trait aux commandements, aux conseils et aux vœux. Pourtant, il est avéré qu'il a déplacé le but de la vie monas-
I. Weiiu., Vni, Sa'i, n°' Sa et o3. D'après Luther, le sens de ce vœu est donc : «Je te lais vœu. ô mon Dieu, d'iinpiétc sacrilège pour toute ma vie » 1 (n" 3'i). Et dans Enders III, 22'i : « Ecce, Deus, ego tibi voveo irapietatem et idoialriam tota vita ! »
L>. Martin Luther, I, p. 56.
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tique et des vœux, qu'il l'a fait consister en tout autre chose qu'en ce qu'il avait été jusque-là. Car, en vérité, selon la doctrine catholique, le but de la vie religieuse est-il donc la rémission des péchés, la justification ? Qui donc, en prononçant des vœux, a jamais pensé à renier le Christ et les vœux de son baptême ? Une telle question ne mérite vraiment pas de réponse. Qui donc a enseigné (ce que pourtant Luther attribue à l'Eglise) qu'après le péché, il ne reste qu'une seule manière de faire pénitence, à savoir d'entrer dans un cloître et de s'y lier par des vœux^ ? Et qui a prononcé cette parole : v Si je n'avais cherché dans le cloître la rémission de mes péchés, et à devenir meilleur que les autres chrétiens, pourquoi y serais-je entré ? » Si Luther eût été appelé à justifier ces assertions, il aurait été contraint d'en rougir, et il se serait vu forcé de se défendre, selon son habitude, par des calomnies et des injures. 11 eut la fourberie d'attribuer aux vœux et aux exercices monastiques une signification qu'ils n'avaient pas, et que ne leur attribuèrent jamais ni l'Eglise, ni aucun fondateur d'ordre, ni aucun docteur catholique. Lui seul a voulu voir dans les vœux, interprétés de cette manière toute nouvelle, le but des ordres religieux. A partir de lôai il cria sur tous les tons que faire des vœux, c'était renier le Christ, Dieu, le baptême, le premier commandement
I. Luther resta toujours dans cette idée. Ainsi, quelques années après, en i52'i, il disait: « Hanc sententiam arripucrunt omnes homiiics : scnicl lapsus es, habes adhiic viani elabendi, scilicet introiliun cœnobii». Wcira., XIV, O2, 5. \'oir ci-dessous, le cliapilro XII, sur le (( baptême monastique ».
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et la foi ; sur ses lèvres, rien ne fut plus fréquent que ces affirmations : par leurs vœux, par leurs pratiques, en un mot par leurs œuvres particulières, les moines prétendent acquérir la justification, mériter le ciel et arriver au salut. Bien plus, pour eux, l'habit monastique suffit à lui seul à leur assurer de tels effets.
(( Quand les moines et les religieuses en arrivent à la grande idolâtrie, ils se disent : a ]Nous avons fait les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance» ; ils ont leur ordre, leur règle et leurs statuts. Leurs œuvres sont leur idole, car [par elles] ils s'éloignent de Dieu, ils ne le craignent pas ; ils n'ont pas besoin de ses grâces et de ses dons, pas besoin que leurs péchés leur soient l'emis. Leur petite routine leur suffit ; et ils prétendent être sauvés avec leurs ordres, leurs frocs, leurs tonsures, et obtenir par là la rémission de leurs péchés. Ils sont donc parjures; ils rejettent la grâce et la miséricorde de Dieu, qui seul peut les justifier et leur remettre leurs péchés avec clémence. Mais de clémence ils n'ont pas besoin : leur état, leur froc et leur idolâtrie suffisent assez à les justifier. Cela s'appelle mépriser Dieu, ne pas le craindre et se forger un autre Dieu ' ». On comprend dès lors cette parole de Luther : « Il y a deux choses qui ne vont pas ensemble : la première, si je dis : « Je crois que Jésus- Christ est vraiment Dieu et que c'est par lui que je serai sauvé » ; et l'autre, si je voulais prétendre que le pape a raison aussi quand il exalte le froc et la ton-