Pciil-ètrc le Chartreux Jacques de Cluse
2. Lavacnim Couscienliœ, c. 10 : « Bernhardus in tractatu de dispensatione et precepto dicit, professionem sanclc relifrionis esse secundiun Ijaptisma, et eandem graliam conscquuntur rcligionem probatain et observantiam inoredientcs quam conscquuntur baptizati baptismatc salutis, quoad dimissionem omnis pêne pro •pcccAUn, ciilpja vero dimittitur per contritionem veram et sufficientem et coiifessionem pure factain uni confessori, qui habet talem aucloritatem cundem absolvere ab omnibus peccatis suis, et ab omni vinculo excommunicationis et irregularitatis. Sic enim bcne absoluto et integraliter ex post rclinquilur solummodo sohitio pêne, que totalitcr tollitur per conl'c.ssionem sancte religionis, eliamsi essct pena mille annorum ; non autem ingressus religionis peccata, sed solum confessio et absolutio sufïicicns toJlit ». Cet ouvrage était alors extraordinairenient répandu. Hain n'en cite pas moins de neuf éditions jusqu'à i5oo (n°' (jQoô-gçjOSj, et celle cpie j'ai utilisée (Hibliot. du Vatican, Pal. IV, 781) n'est pas comprise dans ce nombre. Il y en eut encore d'autres dans la suite, telles cjuc celle de Coloniœ, 1006, Argentinac, lôiô. On en lit aussi une version allemande dès i/|(55. (Heiiiigungshad fiir dus Gewissen der Priestcr). On parle de cette version dans les W'urlleinh. Vierteljahrshefle fiir Landesgeschichle, 9' année (1900), p. 345 ; mais on n'y dit pas ini mot de l'original latin, qui est déjà cite dans le Reforniatorinm vilse inorumqiie et honestatis clericoruin (Basilea^, l'ij-'i), tr. i, pars 2", c. n.
LES VCKUX SUPPOSENT LA FOI ET LV CHARITÉ l/jl
droit de faire rien contre la charité. Donc, les Ya:'ux, le règlement, la règle t'empêchent de servir le prochain. » Puis, de ces préliminaires où il a altéré la vérité, il tire la conclusion où il voulait en venir : « Romps ces liens, comme Samson a rompu les liens des Philistins 1 ». ((Qu'est-ce que la règle de saint Augustin?» s'écrie-t-il ailleurs. (( En aucune règle je n'ai jamais vu qu'il fut question de la foi ; il faut supprimer ou réformer les monastères pour qu'ils deviennent des écoles où l'on enseigne la foi -. » (( Quand donc publiera-t-on cette nouvelle que l'on a entretenu les religieux de la foi et de la charité-^ ? n Dans sa fureur contre l'Eglise et l'état religieux, Luther n'a plus remarqué que son objection se tournait précisément contre lui.
Est-il vrai que la charité soit exclue des vœux monastiques ? 11 est certain qu'elle n'est pas mentionnée dans la formule de profession. Pourquoi ? Précisément parce que d'après la doctrine chrétienne, c'est-à-dire la doctrine catholique, la chariic est le devoir fondamental de tout chrétien et le but suprême de la vie chrétienne. Comme nous le verrons plus loin, elle est l'essence de la perfection chrétienne. Cette charité n'est pas un conseil, ou plutôt elle n'est pas l'un des trois conseils, sur lesquels se fondent les trois vœux monastiques. Voilà pourquoi elle n'est pas rappelée dans la formule de profession. Mais les vœux ont pour but d'éloigner les obstacles qui en entraveraient la pratique.