Weim., XX
?,. Weim., XV, g.^, (iSa',).
14 2 LES VOEUX NE PRODUISENT PAS L\ JUSTIFICATIO>f
En outre, la charité comprend l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Or, si dès cette époque (comme on le verra dans la suite de cette étude), par charité, Luther n'entend plus que l'amour du prochain, le reproche q .'il adresse aux religieux retombe directement sur lui, qui du culte de Dieu a exclu l'amour de Dieu.
Pourquoi, dans les règles, ne parle-t-on pas non plus de la /oz justifiante? Pourquoi n'en est-il pas fait mention dans les vœux ? Parce qu'ils la présupposent, et que le but de l'état religieux n'est i)as de justifier celui q\ii y entre. L'indignation de Luther /2 'a aucun fondement quand il dit trivialement : « Je ferais dans la règle de saint Augustin, si je savais qu'il l'a instituée afin de se sauver par elle. » C'est au contraire à lui que revient, pour ses expectorations, tout ce qu'il applique aux catholiques : a Oh ! que tout cela est misérable, inconsistant et mesquin! Quels mensonges et quelles rêveries humaines* ! ».
1. Erl., l'i, 3i)j. — Liitlior a prétendu que d'après la doctrine calhnliqiie il n'y avait que les moines à être vraiment chr(;ticns. Or, dit Deniile. le contraire ressort du fait même que dans la formule de profession, la foi et la charité ne sont pas mentionnées. Ce silence, en elTct, vient de ce que pour l'Eglise catholique, il n'y a qu'(/;ie seule vie chrétienne, fondée sur la foi et la charité, et qtic cette foi et cette charité ne sont pas l'apanage e>cclusif des ordres religieux. Ainsi l'objection que Luther tire de ce silence se retourne contre lui.
En outre, dit DeniQe, non seulement la doctrine catholique retient l'amour de Dieu comme fondement do toute vie chrétienne, mais Luther, lui, ne le fait pas : par cliarilé, il n'entend que l'amour du prochain.
Voilà, nous semble-t-il, la pensée de l'auteur dans ces alinéas. <>-. d. T.).
LES vœux SUPPOSENT L\ FOI ET LA CHARrrÉ I 43
Pourquoi donc, à l'époque où, extérieurement du moins, Luther se montrait encore bon religieux, pourquoi, de i5i3 à i5i5, écrivait-il que sous le nom de « portes », dans le psaume it\~, il fallait, entre autres choses, entendre les sacrements, et surtout le Ijaptéme et la pénitence ^ sans qu'il y dît un seul mot des vœux? Et pourquoi, dans les années où il avait déjà construit sa théorie sur le péché et la justification, c'est-à-dire en i5i5 et lôiG, n'a-t-il jamais dit : « Quand j'ai fait profession, je croyais que par là mes péchés étaient effacés», luais bien : «Après m'être repenti et confessé, je me croyais en sûreté et meillexu' que les autres. » Pourquoi, conformément à sa doctrine, reproche-t-il aux catholiques d'être dans l'erreur en s'imaginant que par la confession leurs péchés étaient effacés 2. Pourquoi, dans ces passages, ne dit-il rien des vœux ? 11 savait fort bien qu'en général si l'on entrait dans les ordres religieux ce n'était pas parce qu'on s'imaginait ne pas pouvoir faire son salut autrement.
C'est par amour que l'on doit se lier par des vœux, et non parce que la vie religieuse serait nécessaire au salut éternel-'. Du reste, on ne peut assurément nier que pour quelques-uns, à cause des périls presque insurmontables pour eux et des dangereuses tentations qui les attendraient dans le monde, l'entrée en religion