‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 155 sur 290 · Wcim., III · texte numérisé non relu

Wcim., III

2. Ci-dessus, p. 3o. Dès i522, Scu.vtzgeyer, en regard de la doctrine de Luther sur la prétendue impossibilité de vivre saintement dans le célibat, avait fait remarquer et avait clairement établi la non moindre impossibilité de vivre saintement dans l'état du mariage. {Replica contra periculosa scripta, etc., îSg, f. ff iij).

3. De corruptis moribiis utriusque partis, pontificloriini videl. et evangelicoruin (s. 1. et a.), fol. F iij : « Conjugium in Lutlieranis sacerdotibus non restingucre vagas libidines ». Sur Czecanovius voir P.vuLLS dans le KathoUk i8c|5, I, 57'! ; i8g8, 1, 192.

LE CAS d'impossibilité ET LE VŒU DE CHASTETÉ 169

d'adultère » : Dans ce commandement, Dieu ne ménageait personne ; il n'espérait pas qu'il se trouvât un 56'Ji/homnie marié qui se contentât de sa femme. Si tous n'étaient pas publiquement adultères, tous du moins, et Luther y compris, l'étaient dans leur cœur ; seules, les circonstances extérieures empêchaient de le devenir ouvertement ; cette disposition était innée chez tous les hommes *. ?sous comprenons maintenant que la même année, il ait écrit : « Vous ne pouvez pas faire vœu de garder la chasteté si vous n'avez déjà le don-de chasteté. Or ce don vous ne l'avez jamais. Donc, le vœu de chasteté est nul, absolument comme si vous aviez fait vœu de ne pas vouloir être un homme ou une femme-. »

1. Wcim., \VI, ôii (5 nov. lôaS). Voici la traduction du texte allemand : (( C'est pour le monde un grand et bel lionneur que Dieu en ail fait une étable pleine d'iiommcs et de femmes adultères ! Dieu méritait bien de nous avoir pour ennemis puisqu'il nous déslionore de la sorte, qu'il nous diffame et qu'il nous couvre de honte ; et il n'excepte personne, i^as même nos nioines, bien qu'ils aient fait vœu de chasteté. Tu vois que Dieu n'a pas assez de confiance en nous pour croire qu'il y ait un seul homme marié qui se contente de sa femme et réciproquement... Il ne ménage personne ; dans ce commandement, nous tous, hommes et femmes, il nous accuse d'être des adultères... .\ nous tous, sans exception, il nous dit que nous sommes des coureurs de filles ; si nous ne le sommes pas ouvertement aux yeux du monde, nous le sommes pourtant dans le cœur, et chaque fois que nous en aurions la facilité, le temps, le lieu et l'occasion, tous nous serions adultères. Cette disposition est innée chez nous tous, sans aucune exception : la terre est un vaste hôpital, où hommes et femmes, jeunes et vieux, tous sont atteints de cette maladie. Et cette peste ne tient pas à nous comme im habit rouge que nous pouvons mettre ou quitter : nous l'avons contractée dans le sein maternel ; depuis lors nous la portons avec nous ; elle nous a pénétrés au travers de la peau et de la chair, au travers de la moelle et des os ; elle est entrée par toutes nos veines».

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