Math., lo, 17 et suiv
2. Après son mariage avec une religieuse profanée, Luther écrit : «Ego jam non verljo sokim sed et opère testalus evangelium. nonna ducta uxore, in despectum triumphantium et chiniantiuni Jo 1 Jo 1 hoslium, ne videar cessissc, quamvis sonex et ineptus, facturus et alla, si potero, qua? illos doleant, et verbum conliteantur ». Enders, \, 2>Xi. C'était Dieu qui l'avait mcrveilleusenicnt amené à se marier a>ec cette religieuse {Ihid., p. 201); dans cette union, on était forcé do reconnaître « l'œuvre de Dieu»,
(P- J<Kl)-
3. Ainsi par c\. le franciscain apostat Huismvnn : c'était «par une disposition de la Providence» qu'il avait contracté mariage :
l88 LLTHEH KAILf.E LE RECOl US A LA PlUERE
Au contraire les apôtres, les marlvrs et tous les vrais, chrétiens ne s'efîrayaient d'aucune difficulté, quand il s'agissait de suivre le Christ et d'être ses témoins. Alors, ils ne connaissaient pas d'impossibilité ; ils-
Ibid., p. 196. Pour Jlstls ^Jonas, voir ci-dessus, p. :::>, n. 2. Dans son ouvrage von dem ehelichea Stande der Bischoffe und Diaken, etc. (Wittcnberg, i525), fol. Viij, Blge>h\gex (Pomeranus) fait cette profession de foi : <( Moi-même, par erreur, j'ai aussi juré sur ces doctrines du diable, je pensais que par là je plaisais à Dieu ; c'était parce que je ne possédais pas la parole de Dieu. Maintenant ne dois-je pas, malgré mon serment, rejeter cette doctrine diabolique, si je remarque qu une femme m'est nécessaire, nu'ainsi je retourne à la parole el à l'institution de Dieu ?• Dieu inc détend la fornication, il me défend même de désirer la femme d'autrui u la femme qui n'est pas à toi», et personne n'a la chasteté peri)éluellc, sinon celui à qui Dieu la donne. Les vœux ne peuvent rien empêcher, là où la nécessité commande. Pour l'amour de Dieu et en toute crainte de Dieu, rejetons donc les nôtres ; demandons-lui pardon d'avoir l'ait ce serment frivole, et d'avoir pris ainsi le nom de Dieu en vain. En même temps, réjouissons-nous aussi de ce que, depuis que l'Evangile a paru au giand jour, nous sommes échappés aux lacets du diable. Que celui-là garde la doctrine du diable par amour de son serment, avec tous les maux dont il est la source, qu'il les garde, ce serment el ces maux, pour son propre malheur, celui qui ne veut pas entendre la parole de Dieu », etc. C'est ainsi que l'on éludait les vœux ; et avec Blcer l'on disait que les chrétiens devaient garder les vœux « que l'on pouvait garder avec l'aide de Dieu. » Pour beaucoup, la conséquence de cet enseignement fut simplement une seconde femme comme remède contre la fornication.
Le juriste Jean Apel, chanoine de la nouvelle cathédrale de Wurzbourg et qui assista au mariage de Luther, se maria secrètement, « en présence du Christ » (Clam, sine arljitris, qiiamquam priesente Christo), avec ime religieuse du couvent de Saint-Marx, à Wurzbourg ; naturellement c'était « pour obéir au cri de sa conscience» (Weim., \II, 68). En quoi un tel mariage différait-il de ces mariages secrets, en réalité de ces concubinages, contre lesquels Joh.annes de Varems écrivait à la fin du xn' siècle ? (Dans Gerson, Opéra, .\ntucrpi;p, 170(5), I, 916, 919).
savaieul que « licii n'est impossible à Dieu ' » ; ([ue « ce qui est impossible aux bommes est possible à Dieu - », et qu'ils (( pouvaient tout en Celui qui les fortifiait •'' ». Dans leur lutte contre la cbair, Lutber avec les prêtres et religieux apostats, fondements du luthéranisme, ressemblaient à ces soldats qui, pâles d'efTroi devant le péril, jettent leur fusil à terre pour se sauver plus vite. Ils ne se laissaient pas dominer par le nouvel Adam, par le Christ, mais par le vieil homme, par la chair et la volupté, à laquelle pourtant, au jour de leur profession, ils avaient dit adieu pour la vie, en choisissant le Christ pour héritage. Maintenant ils renonçaient au Christ, bien qu'en paroles ils en appelassent sans cesse à lui pour couvrir leurs vices de son nom. Leur œil se retournait vers la chair; ils la courtisèrent plus que leurs devanciers ne l'avaient jamais fait. Dès i523, le luthérien Eoban Hesse ne dit-il pas lui-même des religieuses qui avaient suivi Luther : « 11 n'y a pas de courtisanes plus lascives que nos religieuses K » Le Christ a prononcé d'avance
Si nous on croyons Lamljcrt d'Avignon, l'ranciscain apostat, il ne trouva la paix et le Christ qu'après qu'il eut pris femme. Auparavant, écrit-il, un feu intérieur le consumait sans cesse, malgré ses prétendues mortifications. (Commenlarhiin de sacro conjiigio et adversus polliUissinmin regni perdilionis cœlibaUiin liher. Argentorati, ibifi, positio -j'i, fol. 3G^ ). Et d'autres encore parlent de la même manière.