LUTHER RAILLE LE RECOURS A LA PRIERE
Ce passage forme aussi un contraste frappant avec les perpétuelles redites de Luther sur la confiance en Dieu, dans lesquelles Harnack. reconnaît précisément sa grandeur ^. Car dans ces paroles : <( Et si Dieu ne voulait pas qu'on le priât ? Ou si on le priait et qu'il ne voulût pas nous écoute?^ ? » trouve-t-on la pleine conviction que Dieu est l'Etre en qui l'on peut avoir confiance ?ïout au contraire. Et pour les prêtres et les religieux il s'agit d'obtenir l'aide de Dieu daîisla plus pénible des tentations, contre le plus redoutable des tyrans, le tyran que nous avons au-dedans de nous. Eh bien, c'est pourtant alors que Luther nous dit : « Vous ne pouvez pas compter sur Dieu ; lui seul, il sait s'il veut voas entendre, sans même parler de savoir s'il veut vous exaucer. Bien loin de reconnaître en Dieu ou dans le Christ celui qui dit à la pauvre àme : « Je suis ton salut '- », et qui l'aide à vaincre l'ennemi du dedans, Luther fait d'eux exactement les plus grands des tyrans : malgré leurs promesses de venir au secours de celui qui est tenté et d'exaucer sa prière, ils abandonnent l'âme à son plus redoutable ennemi.
La doctrine exposée ici par Luther sur les effets de la prière par rapport à Dieu et par rapport à l'homme est absolument abominable ; elle doit conduire au désespoir ou au comble de la perversité ; et c'est ce qui eut lieu. A l'époque où il écrivait son livre sur les vœux monastiques, il était totalement aveuglé par un