‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 176 sur 290 · Rom., 12, 12: Orationi inslanles · texte numérisé non relu

Rom., 12, 12: Orationi inslanles

2. Epîlre aux Boinains, fol. a.ôcj'' (Ficker. II. 290): a Orationi inslantcs» (Rom. 12, ij.). In (jno cxprimit frcqnenliam paritcr et diligenliani oralionis christianos liabcrc dcbort'. i< Instnre >> onim non tantum assidue vacare, scd etiani iir<rcrc, incitarc, expostularc .signiOcat. Qnia xorv sicul iiulliim opus christianis dciict esse frcqucnlius, ita nnihiin aliud est laboriosius et violcntiiis, ac per hoc et eiricacius et friictuosius : hic enim « regnnni c;plorum vim patitur et violent! rapiimt illud » (applirati'oii erronée de ce passage : Malt. II, 12). Est enim oralio meo judicin as>i(lua \ iulcntia spiritus

I()6 LITHER UVILLE LE RECOURS A LA PUiEHE

Comme je l'ai dt-jà observé, Luther n'a jamais été un homme d'oraison; mais dans la meilleure période de sa vie, il comprit du moins la grande utilité de la prière. Après son apostasie il en perdit quelquefois jusqu'à la notion, et souvent, depuis lors, il a dû confesser que, sous le papisme, lui el les siens étaient plus assidus, plus zélés, plus sérieux, plus attentifs à l'eudroit de la piière : depuis lors, ils la négligeaient bien davantage-. Vussi il avait beau parler de la prière : ce n'était d'ordinaire qu'hypocrisie.

in Deiim levati, siciit navis contra vim torrcntis acta snrsum. Undo 15. Marlino in laiulom dicitiir, quod invictiim spiritnm (;o habuerit. f(iiod nunquam illiini ab oratione roiaxarit (Matines de la fête du saint, h' répons). Fit (midcin ca violentia lenior vcl nulla, si ([iiando spiritns traliit et vcliit cor nostriim pcr graliam siirsum. aut ccrte, ciim pr.Tsens et major ausustia cogit ad orationcm confiigerc. Sine istis dnabus difTicillima res est et tcdiosissima oralio. Vernm cffeclns illc grandis est. Quia omnipotens ttst vera oratio, sicut ait Doniinus : « Qui petit, accipit, » etc. (Matt. -, 8). Vis igitur facienda est iiniruique, et cogitandiim, quia contra diaboliim et carnem pugnat, qui oral ».

■i. Voir Erl., i;», lo'i ; !i3, ■i8,ï ; Vi, "i, etc. Dans son Commeninire sur l'Epitre aux Galntes, cli. 5 (éd. Irmischer, II, 35i) il reconnaît que hii et les prédicants sont moins zélés et plus négligents qu'auparavant, alors qu'ils étaient dans les ténèbres de l'ignorance ; puis il en donne cette explication, qui sent bien son L\ilher : ((Plus nous sommes sûrs de la liberté que le Christ nous a acquise, plus nous sommes froids et nonchalants pour enseigner la parole de Dieu, pour prier, pour faire le bien et supporter les adversités ». Luther aurait pourtant dii remonter des effets à la cause et se dire : ((Est-il bien vrai que la liberté qiie je prêche, est la liberté qui a été acquise par le Christ.^ Les effets concluent au dévergondage, et non à la liberté chrétienne. » De nos jours, à tontes les fêtes en l'honneur de Lutlier, l'on n'en célèbre pas moins cette liberté chn'lionno comme une conquête dvi Réformateur.

LES CHIENS ET LES PORCS POIUUAIENT l'IUEU 1 97

^7. — Comnwnt Luther chercha à persuader h's religieuses : eux aussi, h's chiens et les porcs pourraient prier et se mortifier.

Comment Luther s'y est-il pris avec les religieuses ? Elles aussi, il lui fallait bien les amener à l'oubli de leurs vœux, car autrement tous ces prêtres et ces moines défroqués auraient manqué des femmes qui leur convenaient. Or, auprès des religieuses, l'entreprise était certainement plus diiïîcile qu'auprès de ces prèlres et de ces moines : comme le dominicain Cornélius Sneek l'écrivait en iSSa contre Pollion, le prédicant luthérien de Strasbourg, ces hommes avaient déjà souillé leur célibat par des advillères avant de contracter un mariage public plus blâmable encore ^.

I. Defensio ccclesiasticorum qiios spirilunles appcllainus (s. 1. et a.), fol. 78 : « Ciim igiliir sitis priapistio, non mirnni, si vilam cœliljcm exosam liabclis. Sancto vos cgisse piitatis, si (luani prias i)cr ailnltcrium (lainnaljiiiter contatninaslis, damnabilius niatrimonio copn- Iclis ». Qnand Poilion se maria, en lô^/i, il avait déjà \écn plusieurs années avec sa cuisinière, et sa maison était pleine d'enfants. Voir Paulus dans la Zcilschrifl fUr linthoUsclw Thcolngic. WV, p. /109, n. 3; Die dcutsriieii Doiniiiilcaiier iin KainpJ'c (jfijfn Ltitlicr (i()o3), ]). 7.'i, n. '(. On connaît la vie immorale de Znini^ie, la vie « lionteuscmcnt scandaleuse » que suivant sa propre expression, il avait menée a\ant son mariage, si Ijien qu'on l'avait surnommé (( le putassier >>. Toutes les dénégations, réticences et palliations seraient ici liors de saison. Voir Janssen, (iexddchle des Deutscheii Vollies. t. III, 17-18 éd., p. ()/i, n. 1 avec les références qu'on y trouve ; et Palus dans le Kalholik, 189.Ï. 1, p. /|75-'i76. Dans y AUgemeine deiilscke Biographie, t. /io (1900), p. 5'i7-575, E. Egli trouve bon, au lieu de ])arler de l'inimoralité do Z^vinf>•Ie, de vanter «sa bonne santé morale, ((ui, dès avant sa sortie de l'Eglise, lui avait fait rejeter des préceptes contre nature et réagir contre la

\()^ LES CHIENS ET EES POUCS

Il y avait une première difficulté pour atteindre les religieuses : elles vivaient dans des couvents cloîtrés, 11 fallait songer à les en faire sortir^, et c'eût été à peine possible si on ne les eut d'abord travaillées par des écrits de circonstance. Luther s'y cnriploya. La plume tombe des mains, quand on songe à citer ses paroles, tant elles sonllicencieuses'-. Il le fautpourtant: les protestants doivent apprendre enfin à connaître leur Luther ; pour mon compte, je ne veux pas iji'altircr de leur part le reproche qu'ils nous adressent si souvent à nous autres catholiques, de ne pas dire toute la vérité.

En 1022, le Réformateur écrit: (( De ma vie, je irai entendu de confession de religieuse, mais je veux pourtant juger leur condition d'après la sainte Écriture, et je sais que je ne mentirai pas ^ ». Mais que sait-il donc des religieuses, ce Réformateur ? Tout au plus est-il allé une fois ou l'autre dans un couvent de femmes, ce qui ne saurait suffire à faire connaître ce qui s'y passe. En 1023, il n'en écrit pas moins : « Dans ces cloîtres, où n'entre pas le pain quotidien de la parole de Dieu, combien penses-tu qu'il y ait de religieuses qui, sans y être poussées, allègrement et avec joie, se soumettent

décadence morale » (p. 5oo). IVjnr Jistls Jo.vs, voir ci-dessus, j). 21, n. 3.

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