‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 183 sur 290 · LES CHIENS ET LES PORCS · texte numérisé non relu

LES CHIENS ET LES PORCS

aussi les œuvres mauvaises dans les impies^. Du reste pour Luther, à tout le moins depuis i5i6, les péchés actuels, réels, perdirent de plus en plus leur importance 2; le point capital était le péché originel qui demeurait toujours, même après le baptême, quoique remis par ce sacrement, et qu'il faisait consister dans la concupiscence. C'était à cette concupiscence qu'il fallait prendre garde, elle qu'il fallait dompter par les croix et les mortifications. 11 est impossible de la vaincre, dit-il, au moins à partir de i5i5, mais on peut l'affaiblir. Et, pour lui et pour les siens, cette ligne de conduite fut si heureuse que finalement, n'attachant plus d'importance aux péchés réels et dédaignant de s'en guérir par une sincère contrition, par le ferme propos, la confession et la pénitence, ils furent complètement vaincus par la concupiscence. Pour satisfaire les appétits de leur volupté, ils finirent par rompre leurs vœux.

Avec de telles doctrines et un tel état d'àme, quelle valeur pouvaient bien avoir encore la prière cl la mortification ? Toutes deux sont des œuvres, et pour Luther, par cela même, elles ne montent pas jusqu'à Dieu; ce qui parvient jusqu'à Dieu, c'est uniquement sa foi morte, un véritable cadaAre. Dans le chrétien, le Christ de Luther fait tout, encore qu'il soit impuissant à elTacer le péché originel par le baptême, u Dormir et ne rien faire est l'œuvre des chiétiens^ ». Quoi d'éton-

1. Asserl. oinii. arlic, l'j-io. AVeiai., Ml, l'i'i. 3;^. Sur celte doctrine, voir la suite de cet ouvrage.

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