Cf. Qii.TSlio de charitale, a. 11, ad
3. 2' 2" qu. 185, a. 1, ad 2 : (( Ad statum religionis non pra^exigitur perfectio, sed est via in pcrfcctionem ». Contra relrahentes a religionis ingressu, c. 6: ((Consilia ad vitte pcrfectionem pertinent, non quia in eis principalitcr consistât perfectio, sed quia
SAINT THOMAS ET L IDEAL DE LA VIE 2Da
y a beaucoup de voies et un seul point d'arrivée *. Puisque la pratique des conseils n'est qu'un moyen pour écarter les obstacles au libre exercice de la cbarité, dès lors, et aussi parce qu'elle est un fruit de la charité, elle suppose donc cette charité, et avec elle, la foi et la justification. C'était l'opinion de Luther luimême, non seulement avant sa lutte contre l'Eglise, mais peu de temps encore avant qu'il entreprît son ouvrage sur les vœux : (( Saint Bernard, dit-il, et tous ceux qui furent de bons religieux n'avaient pas fait vœu afin d'être sauvés par leur genre de vie ; mais afin que, justifiés déjà par la foi. ils vécussent dans la liberté de l'âme au moyen de leurs vœux-» etc. Cette manière de voir concorde avec ce qui s'est toujouis enseigné dans l'Eglise catholique, que ce n'est pas par les vœux que l'on devient chrétien ou croyant. Bientôt
sunt via ([lUTdani vcl instrumenta ad perfcctionem caritatis^ habcndam ». 2* 2", qu. 186, a. l, adU: «Religionis status est principaliter institutus ad perfcctionem adipiscendam ». C'est pourquoi l'on appelait l'état religieux « Status perfectionis acquirenda3 ». Voir ci-après à propos de Hexri de Ga>'d.
1. Un exposé bref et concis de la doctrine de S' Thomas sur les conseils et les Ordres se trouve dansAoERT, Das Wesen des Christenluins nach Thomas von Aquin (Wurzljourg, njoi). p. 16-17, <^t dans Ma.us- B\CH, Die katholische Moral, ihre Melhoden, Gnindsàt:e nnd Aufgaben, (Cologne, 1901), p. i33 et suiv. Vlais B.v.rthier traite la question en entier dans un ouvrage spécial : <( De la perfection chrétienne et de la perfection religieuse d'après S' Thomas d' Aquin et S' François de Sales i^ (2 vol. Paris, 1902). Dans la Real-Encyklop. fur protesl. Theol. und Kirche (3° éd.), IV, 27.'), K. Thieme fait preuve d'une ignorance complète du sujet.
2. Themata de votis n" 78-72 (Weim., '\"11I, 326-327). En thèse générale il dit la même chose auparavant, notamment en lôig. Voir ci-dessus, p. 70-71.
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après, Luther devait parler tout différemment, comme nous l'avons vu plus haut '.
Mais saint Thomas n'a-t-il pas mis sur la même ligne que le baptême, l'entrée dans les Ordres, la prise d'habit, ou la profession!' Par là-même, les vœux n'ont-ils pas pour lui une vertu justifiante et le pouvoir de remettre les péchés P Comme nous le verrons plus loin, c'est ce que Luther et Mélanchthon ne cessent de reprocher au saint docteur et aux moines en général. C'était même à saint Thomas qu'ils faisaient remonter la doctrine du prétendu « baptême monastique ». dans le sens qu'ils l'entendaient. Pour ne pas interrompre la marche du présent chapitre, je réserve ce point pour le reprendre ensuite, lors de la discussion sur le (( baptême monastique » ; et je passe aux docteurs venus immédiatement après saint Thomas.
ÀLiiERT LE GuAXD a été le maître de saint Thomas ; mais c'est après la mort de son illustre disciple qu'il écrivit son ouvrage De riinion à Dieu, lll'ouvre par ces paroles : (( La fin de la perfection chrétienne est l'amour, qui nous fait adhérer à Dieu, Pour faire son salut, tout homme est obligé à être ainsi uni à Dieu par l'amour. On y parvient par l'observation den préceptes et la conformité à la volonté de Dieu. Cette pratique des commandements exclut tout ce qui est contraire à l'essence et à la rerta infuse- de la charité, comme le sont les péchés nirtrtels. » 11 ajoute qu'en outre les religieux s'obligent à la pratique des conseils, afin d'attein-