Ibid., c. tji
.'i. /6îi:/., p. 179.
aSo LES MYSTIQUES ALLEMANDS ET LUTHER
Dans l'esprit de Ruusbroekest écrit le petit livre de l'Imitation de Jésus-Christ, qui au temps de Luther était déjà fort répandu, soit en manuscrit, soit en imprimé. II est dans toutes les mains, même dans celles des protestants : ils peuvent donc se convaincre par eux-mêmes que pour la vie religieuse, l'auteur parle d'une vocation gratuite de Dieu, vocation qui n'est pas accordée à tous^ Ce n'est pas peu, dit-il, de demeurer dans les monastères ; mais celui-là seul sera sauvé qui y vivra Lien et y mourra heureusement. L'habit el la tonsure ne servent de rien : c'est le changement des mœurs, et la mortification entière des passions qui font le vrai religieux-. Du reste, le religieux a le même but à atteindre que celui que Dieu n'a pas appelé à la vie religieuse ; car, pour l'un comme pour l'autre, le grand précepte et le but de la vie, c'est de servir Dieu, de l'aimer par-dessus toutes choses, et de le servir lui seul '^. La vie religieuse n'est qu'un moyen pour atteindre plus facilement ce but. Pour tous, Dieu doit être le but et la fin suprême^.
§ 3. — Des mystiques allemands à Luther.
Le célèbre Gérard (ou Gerrit) Groote jouissait d'une très grande autorité, même auprès de Luther •''.