‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 237 sur 290 · De perfeclione cordis, opp. III, p. iSy · texte numérisé non relu

De perfeclione cordis, opp. III, p. iSy

2. De ronsil. evangel. Opp. II, p. Oyi. Cet ouvrage csl certainement l'un des premiers de Gcrson ; il est dans le genr(; scolastiqiie. Le doute que Schwab a élevé sur son authenticité (Jrj/(fl;i»es Gerson, p. 7(J5, n. 2) est dénué de fondement, comme il apparaît par les raisons (ju'il donne : dans les autres (euvres de Gerson, dit-il, on ne trouve pas cette continuelle référence à S' Thomas. Non ; mais xi"ur une bonne raison : il s'agit ici d'un sujet sur lequel c'est précisément S' Thomas qui a écrit avec le plus de détails et le plus à fond ; aussi est-ce sur lui que s'appuient tons ceux qui ont traité ce sujet. Pourquoi donc Gerson n'en aurait-il pas agi ainsi, alors surtout qu'il écrivait à la manière scolasticpie ? Schwab n'a pas remarqué non plus que l'ouvrage est très mal édité, et pour le constater, il aurait pu lui sullire de la « prétendue sentence du Christ, que l'on rechercherait inutilement ailleurs (p. 671) : Nequcenim, ait Christus, recte c\irritur s», quo currendum est, ncsciatur. » Si Schwab avait compulsé S' Thomas il y aurait vu (:;■ -j", i/o. IS'i a. 3, ad 2) que ce passage

de Dieu par-dessus toutes choses est de précepte. (( Tous les théologiens sont d'accord pour dire que, seuls, les bienlieureux accomplissent parfaitement le précepte de la charité et il ne s'en trouve pas un pour soutenir que, par là, les bienheureux accomplissent un conseil et non un précepte ». Gerson reproduit ensuite la doctrine de S. Thomas, que dans l'amour de Dieu il n'y a pas une certaine mesure qui tombe sous le précepte, tandis que le surplus serait de conseil K Sur les conseils, il tire les mêmes conclusions que S. Thomas ; pour lui aussi, les vœux ne sont que des moyens de perfection, des (( instruments pour atteindre plus facilement et plus vite la perfection essentielle de la vie chrétienne- ». Avec lui encore, il appelle aussi l'état

très connu est de S' Aiglstim (De perfect. justiliw. c. 8, n. 19), et tout se serait éclairci pour lui. De S. Thomas sont i^riscs aussi d'autres citations. On peut simplement se demander si l'écrit vient directement de Gerson, ou s'il est la transcription d'un de ses élèves.

1. Ibkl., p. G72. A ce propos, Gerson cite par erreur l'écrit de S' Thomas. De perfeelione vitae spirit. Ce passage se trouve dans Contra rctralirntcs a relig. ingressu, cap. (3. Dans (icrson, le texte est corrompu et il faut le rétablir ainsi : « Pr.eceptum dilectionis Del. quod est ultimus finis christiana:* vitie, nullis terminis coarctatur, ut possit dici quod tanta dilectio cadat sub prn^cepto, major autem dilectio limites pra^cepti excedens sub consilio cadat; sed uniciiique pnecipitur ut Deum diligat quantum pofest». ScHw.vB n'a pas fait cette remarque (p. 7GG, note).

2. lhi(L, p. G77 : (( Consilia proprie et maxime respiciunt materiam instrumentalem disponentem ad lacilius et brevius acquirendam essentialcm vitn^ christina^ perfectionem, et ideo sunt perfectio seciuidum quid et accidcntaliter ; pnTcepta vero divina magis de directo et immédiate respiciunt illa, quic essentialiter pertinent ad vilani cliristianam et spiritualcm, sicut virtutes et actus eurum. »

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religieux une école de perfection '. Je m'arrête, car en répétant les paroles de Gerson, je ne ferais que répéter ce que nous savons déjà par S. Thomas.

Comme à toutes les époques, il se trouva aussi du temps de Gerson des esprits exagérés, qui donnaient à l'état religieux une valeur que les fondateurs d'Ordres ni l'Eglise n'avaient l'intention de lui attribuer. De ce nombre était le dominicain Matthieu Grabow. Ces hommes outrés étaient l'exception, et, comme tels, ils ne faisaient que confirmer la règle. L'Eglise et les théologiens s'élevèrent aussitôt contre eux, comme on l'avait déjà fait au x[v'' siècle contre les franciscains exaltés, qui ne méritent pas que je m'élendc sur eux davantage. Aussi Jean Xider disait : « 11 ne faut pas croire un seul des faux prédicateurs, quand même il se tiendrait sur le haut du clocher ; s'il ne dit pas la vérité, ce n'est qu'un prédicateur de recoins - ». C'était le cas de Grabow et de son écrit : l'on se scandalisa grandement et à juste titre d' yvoir les ordres représentés comme les <( vraies religions-^ ». à l'opposé de la société si bonne et si utile des Frbrcs de la vie commune, d'y lire que dans le monde on ne pouvail pas sainre les conseils 'K Pierre d'Ailli et Gerson (ce dernier, le 3 avril i 'ii8, à la rec|uête du pape), donnèrent sur cet ouvrage une appréciation défavorable.

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