Aoir ci-dessus, p
3. Dans U. Berlikre, La con<iri-(jalion hénédirtine de Chc:al- BenoU ilans la Bevae béncdiclinc 17' année (Xlaredsous, kjuo), p. 87,
favorisée par le papo. fit des progrès .-plusieurs monastères l'accueillirent et c'est ainsi que fut créée la congrégation de Chezal-Benoît. L'un de ces monastères fut Saint-Sulpicc de Bourges, où, à partir de 1497. fut abbé l'humaniste français Guy JouvE>fEAux. C'était l'un des plus zélés promoteurs de la réforme ; pour y aider, il composa l'ouvrage : Instances pour une réforme monastique ; il y frappait sur les moines mauvais, corrompus (c'est-à-dire sur des moines ressemblant à merveille à ceux qui, quelques années après, devaient être les plus fervents adeptes de Luther), et il y exposait aussi les principes de la véritable vie monastique^.
Or, pour Guy, qu'est-ce donc vraiment que la vie monastique? La vraie vie chrétienne peut-être ? Assurément non. Pour aller à Dieu, écrit-il, il y a difTérentes vies, ou différents genres de vie, encore que pour le moine, une fois qu'il a choisi la vie monastique, c'est elle qui est pour lui la voie qui mène à Dieu-. Mais celui qui est entré dans la vie monastique n'est-il pas, dès lors, le parfait chrétien, voire même le très parfait
désormais édité aussi par le nièinc dans les Mélanges d'histoire bénédictine T. 3. (Maredsoiis, 1901), p. lo'i-io.i.
1 . Beformationis monastice vindicie seti defensio, noviter édita a viro bonarum rirtiiim perspimcissimo Guidonc Jiwenale. O. S. B. nec non per eundem rursm diligenlissinie rastiçjala (Impressum impensis Angelbei'li et Godfridi Mare/... MDIII). Sur l'auteur, voir Ueri.ière, Berne, etc., p. 3 '17.
•i. Ibid., 1. I, c. 2, loi. i"* : <( Scd ex noslris dicit aliquis : numquid est alla via (nu lien de vita) que ducit ad Deum, quam ista, que imponitur nobis ? Est plane, sed non tibi. Anlequam eniin banc clefrisses, piures tibi alie lîalelj.int ; quando aiitemde pluribus banc viani libi elof^isti, de omnibus unam fecisti. »
PIERRE DU M.VS, GLY JOl VENEAUX, CH. FERN.VND 298
chrétien ? Du tout. Et Guy développe à ce sujet le pur enseignement de S. Thomas d'Aquin et des autres docteurs. « L'état religieux, dit-il, n'est-il pas une école et un exercice pour arriver à la perfection de la charité ' » ?
Le religieux n'a pas d'autre idéal de vie que le simple chrétien; le religieux, en tant que religieux, ne cherche qu'à atteindre plus parfaitement cet idéal. Dans la congrégation de Chezal-Benoît, c'était là un point hors de conteste. Un autre membre de cette congrégation, le célèbre humaniste Charles Ferxaxd, moine de S. Vincent du Mans-, revient souvent sur ce point. C'est sur la charité et l'humilité qu'est fondée la règle de S. Benoît, de même que toute la religion chrétienne ^. Etre chrétien et aimer Dieu fidèlement sont deux choses indissolublement unies*. Pour tout chrétien, il est nécessaire de croire en Dieu, d'attendre de lui la vie éternelle et de bien vivre, c'est-à-dire de
I. Le chapitre IX du livre II a pour titre : Quod status religionis sit facile coinpcndiuin, quo ad perfectionem veniatur... Le cliapitre lui-même commence ainsi (Toi. 'ih): «Status autem reli}j'ianis nonne est quidam disciplina et excrcitium pervcniendi ad ipsam charitatis perfectionem, cujus olïicina monasteriiun est ? » etc.
j. Sur lui, voir Berlière dans la Revue héiiédicline, lor. cit. p. 2O2 et suiv.
3. Spéculum disciplina moiiasticœ, Parisiis. lôif», 1. !>, c. 38, fol. 7a'': « Charitas ut virtutum siimmitas, Inimilitas ut fundamentum, in iiis potissimuni 13enedictina recula et omnis christiana fundalur religio. »
!i. Epistola parœnetica ad Sagicnses monachos (Parisifs, 1Ô12). c. 2 1 : (( Itaciiie. mi frater, si rêvera in Deum credis, si cliristianus es, si Dcum lideliter amas — luec eriim indissoluljili silji junctura colurrent — non equidem video (jui fiât, ut nullus te propri.c conscientiie permoveat scriipnlus » etc.
af)4 1>ES MYSTIQUES ALLEMANDS A LUTHER
craindre Dieu, de l'aimei-, et d'observer ses commande mcuts K Le religieux n'a pas d'autre tâche à remplir: il doit déraciner ses vices, et posséder la charité; en un mot. tendre vers la perfection, afin de l'acquérir peu à peu-. Car la seule raison d'entrer dans un monastère est, en s'appuyant sur Dieu, de tendre le plus possible vers la perfection par une pénitence et un progrès de tous les jours. Tout chrétien, et plus encore, tout religieux doit être plein de zèle pour acquérir les vertus •". C'est à tous les hommes qu'il est dit de se tourner vers Dieu de tout leur cœur ; pour tous la parole du Sauveur a la même valeur: « Ce n'est pas celui qui me dit: (( Seigneur, Seigneur d, qui entrera dans le royaume descieux; mais celui qui fait la volonté de mon Père, c'est-à-dire celui qui est soigneusement attentif à cette volonté* 0. Ailleurs encore, Charles Fernand aime à revenir sur ces principes 5. En quoi les trois vœux sont-ils donc utiles } Ils sont des moyens destinés à rendre plus facile l'oblenlidu du but : ils nous aident