COTE PROVIDENTIEL DE LA REFORME PROTESTANTE XXÎV
saint Thomas, beaucoup de bien qui n'existerait pas s'il ne s'y trouvait pas de mal ; si, parexemple, il n'y avait pas la perversité des persécuteurs, il n'y aurait pas la patience des justes^. » Devronsnous donc vanter le mal ou louer la « Réforme », parce qu'elle a été dans l'Eglise l'occasion de quelque bien ?
D'ailleurs, il y a de nombreux avantages que l'on aime à faire remontera la Réforme, et dont on peut fortement douter s'il faut y voir des avantages, et non pas plutôt des dommages ; ou dont il est fort contestable que ce soit la Réforme comme telle qu'il faille en remercier. Ici encore joue un grand rôle le u Post hoc, ergo propter hoc'^ ». En tout cas, il est clair que Dieu, « qui utilise tous les genres de mal pour Tavantage des bons 3 >> , n'aurait pas permis la terrible tourmente du protestantisme, pas plus qu'aucune des hérésies antérieures si, dans sa puissance et sa miséricorde, il n'avait résolu den tirer quelque profil pour les siens ^.
Telle est ma réponse à la critique que dans le « Tag I) de Berlin, Spahn a faite de mon ouvrage ^.
1. Contra Gentiles, lib. III, cap. 71, n° 5. Voir aussi S. Theol., P. I, qu. WII, a. 2, ad. 2.