‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 25 sur 290 · WXVI PREFACE DE LA SECONDE EDITION · texte numérisé non relu

WXVI PREFACE DE LA SECONDE EDITION

Insérée dans un journal protestant, cette critique est naturellement plutôt protestante que catholique. On y trouve une phrase de vraie : « Déjà Augustin avait noté chez les hérétiques la marque de la grandeur. » Mais celte pensée, qu'il tourne contre moi, c'est à mon ouvrage^ que, sans le dire, il l'a empruntée.

Ce sera aussi toute ma réponse au renseignement qu'a donné M. Allhoft' au Parlement prussien : à savoir que du milieu des savants catholiques il n'y avait eu à s'élever contre mon livre qu' « un très jeune et très remarquable savant, le professeur Spahn, de Strasbourg, qui ne vous est pas complètement inconnu ».

Cest un signe des temps que dans son article du Tag, le savant catholique M. Spahn soil, sinon plus haineux et plus injuste, du moins assurément plus partial que quelques-uns des professeurs protestants que j'ai déjà nommés, Kohler, de Giessen, et Kawerau, de Breslau. C'est pour moi un devoir de justice de signaler cette anomalie.

Bien qu'autant que personne Kohler soit excité et irrité contre mon œuvre et contre moi, il écrit :

1. T. I, p. 836 (i" éd.); 2' édit., partie II, chap. VII (txl. allemande, p. 8Û6).

RECENSIONS IMPARTIALES : KOHLEU XXXVir

u Avec un orgueil transcendant (?), Denifle étale devant nous sa connaissance de la scolaslique et de la mystique du moyen âge ; il nous inonde souvent d'un déluge de citations, alors même que le sujet n'en a pas autrement besoin. Gela se comprend : là est la force de Denifle, en même temps que la Jaiblesse des études faites jusqu'ici sur Luther. C'est là que Denifle peut nous être utile... La position de Luther par rapport au moyen âge a (déjà) été fort étudiée dans des sens très divers, et traitée avec compétence dans des travaux de détail : toutefois, le livre de Denijle montre tout ce qu'il y a encore à faire sur ce point, et il étonne par une série d'observations ingénieuses. » En note, Kôhler donne des références. Et il continue : (( Grâce à sa connaissance vraiment exti'aordinairc de la littérature du moyen âge, il est facile à Denifle de mettre en lumière certaines particularités de cette époque, de montrer ainsi une première esquisse de la physionomie de Luther dans les siècles qui l'ont précédé, et de donner par là à la critique historique de précieuses indications. Lorsqu'en outre, à nous autres protestants, il ne cesse de nous crier : u Vous ne connaissez pas le moyen âge », nous sommes assez loyaux, — tout en faisant des réserves sur le manque de mesure de cette polémique, — pour reconnaître dans ce reproche un fond de vérité. C'est un fait

xwviir prï;f\ce de la secoa'de editio:v

que sur ce point DeniJJe a apporté du nouveau ' ».

De plus, Kohîer admef oiie série de propositions pour la plupart de très grande importance, qui, dans ma démonstration contre Luther, sont d'un intérêt fondamental et d'une très grande portée. Jeu parlerai dans la seconde partie de ce volume. Il accepte en substance ma critique de l'édition de Weimar-: à ce propos, il fait la remarque suivante : « A mon avis, sa discussion pénétrante sur les prétendues leçons du Livre des Juges sera approuvée aussi dans l'ensemble. Denitle a eu la bonne fortune de découvrir que des passages entiers qu'on croyait la propriété de Luther sont transcrits littéralement de saînf Augustin, et dans des proportions tout autres qu'on ne le pensait jusqu'ici ! Dans ce livre, il ne reste en réalité pas grand' chose de vraiment original, et en face des arguments apportés par Denitle, encore qu'ils ne soient pas tous également convaincants, il devient très douteux que ce peu appartienne en propre a Luther... Il est possible.

Page 1