‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 244 sur 290 · SOPHISMES DE LUTHER · texte numérisé non relu

SOPHISMES DE LUTHER

il lie le l'ait plus. Dans ces attaques, il recourt au stratagème de fabriquer une proposition de toutes pièces, et de la donner comme universellement admise parmi les moines et les théologiens, ou dans l'Eglise ellemême : personne ne pouvait songer à douter de la vérité de cette prémisse, et Luther partait en guerre contre elle.

Je vais mettre ce fait en lumière par un exemple ; de là je passerai aux sopliismes de Luther sur la perfection.

§ I. — Les rœux monastiques sont-ils divisés en deux classes : les vœux substantiels et les vœux accidentels ?

Luther écrit dans son ouvrage sur les vœux monastiques : « Ils ont rendu substanliels trois vœux : la pauvreté, l'obéissance, la chasteté ; ils ont décidé que les autres étaiienl accidentels '. Ils ont donc établi que ceux-là seuls violeraient leurs vœux qui transgresseraient les vœux substantiels. \'oilà leur manière de voir à tous. Mais ils ont beau être d'accord, c'est là une

I. « Substantialia » et « Accidentalia )>. Nous traduisons ces mots par substantiels et accidentels. Comme l'auteur le dit ciaprès, ces mois sont pris de la philosophie scolastiriue. Dans un être, cette philosophie distingue entre le substratuni ou substance, elles accidents. Pour elle, les accidents sont sans doute des pcrl'cctionnoments de la substance, mais des perfectionnements réelleme:<.l dislincts de cette substance. Ce sont <;es accidents que la philosophie cartésienne appelle des modes. N'était la réminiscence de cette théorie scolastique, l'on dirait peut-être mieux en français : ^'l^ux essentiels et vœux accessoires. Voir ci-dessus, p. aOi. (N. d. T.)

3i8 LES vœux d'après lutheh : division prétendue

invention purement humaine, complètement impuissante à rassurer la conscience et qui ne sert au con traire qu'à la tromper. Qui nous assurera que cette f/àv'i/o/i est agréable à Dieu? Avez-vous la prétention de me faire une conscience d'après vos songes P^ » Ce passage vient après l'afTirmation erronée dont il a été question plus haut 2 que l'on faisait vœu d'observer toute la règle.

On trouverait difficilement un autre exemple aussi frappant de la déloyauté de Luther; ici, il invente tout, et il donne son mensonge comme une opinion universellement admise. Quel est donc le docteur catholique qui, avant Luther, a divisé les vœux en substantiels et accidentels ? Il n'y en a pas un seul. Aussi, dès 1628, on reprochait à Luther d'être un chicaneur qui, à son gré, parlait de divisions, de définitions, de conclusions, etc., et qui était assez audacieux pour donner ses inventions comme une manière de voir universelle paririi les moines-*. Il savait fort bien que si les trois

1. Wciin. \'II1, 038. De même, dans le sermon sur les vœux; Erl. 10, Z|5'i : « Ils ont divisé les vœux en siibstinlialia et accideiitalia, c'est-à-dire ([ue certains vœux sont immuables et d'autres sont muables. Ils en ont compté trois d'immuables: la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. Tous les autres, avec la règle et l'ordre tout entiers, ils les appellent muables. » Cf. ibid., p. .'40(3.

Page 1