‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 245 sur 290 · Noir p. (|5 et suiv · texte numérisé non relu

Noir p. (|5 et suiv

3. L'abbé cistercien Wolfgang M.vyer dit (Voloruin inonasticoruin lutor ; dans le cod. lai. monac, 2886, fol. G6) : « Narrât surdis banc fabulam Lutherus, nos eam non audimus. cum res longe aliter se liabeat. Facit tamen pro sua autoritate dilïiniendo, partiendo, concludendo et conderanando, ut libitum fuerit. Cur non etiam eadcm libidine istam votorum partitionem confingeret.^... Acridentalia vota non novimus nisi Luthcro jam docente. Mentitur ergo rahula, omnium nostriim de hac votorum partitione unain

EN vœL"\ SUBSTANTIELS ET VCCIDENTELS Oig

vœux ordinaires sont appelés substantiels ce n'est pas pour les opposer à d'autres qui seraient accidentels, mais parce que c'est en eux surtout que consiste la vie monastique', et qu'en embrassant ce genre de vie, le religieux ne s'oblige qu'à ces trois vœux-là. Sans doute, parmi les instnunents ou ?noyens que possède l'état de perfection pour tendre vers la perfection, l'on disait que quelques-uns étaient substantiels et les autres simplement accidentels : les substantiels étaient les trois vœux ; les accidentels, le jeûne, la solitude. la prière, etc. ; mais, nulle part et jamais, à côté des vœux substantiels on n'en plaça d'accidentels -.

Comme en philosophie, quand on parle de la subs-

esse seiitcntiain, et ([iiod soli violatorcs voli [wr nos conscantur qui prima tria soliH^scnt. »

1. « E-^sentialitcr, snbstan'ialitcr. » A'oir ci-dessiis, p. gj-ioô. et les citations de S* Thomas au cli. vin, ainsi que De perfect. vitœ spirit,c. II ; 2" 2", qu. i8G, a. 7. On disait aussi que ces trois conseils ou vœux appartenaient « ad substantiani status religiosi. »

2. Henri de Ga>d, quoi. VU, qu.28 (voir ci-dessus, p. 260 et sniv.) : « DiclDium instruinentoruin qu.edain sunt substantialia statui perl'ectionis, quiedam vorn accidcntalia. Substantialia, ut illa qui'.^ pertinent ad tria vota substantialia, ([UiP liiuit in relifrione, (pue communia sunt ouini religioni. Ca?tera vero oninia sunt accidentalia qu:r variantur in diversis relifïionlbus secunduin diversa pr.Tcepta, slatuta et consuetudincs divcrsas eorum. Quarum qucTdam consistunt in iiogatione et amotione ejus, quod perl'ectionis acquisitionem proliibet, ut sunt jejunia, solitudines, et hujusmodi ; qu;i'dam vero in positionc et conservatione ejus, quo ipsa perfectio acquiritur, ut sunt oratio, contemplatio, scriptura? ineditatio, et c.Ttera hujusmodi. Illa autein qua? statui perfoctionis sunt substantialia, consistunt solummodO in negationc et amotione ejus. quod est perfectionis acquircnda^, scil. perfecta? charitatis impeditivum, quia est contrarii ejus, scil. cupiditatis, augmentativum, vcl priiicipaliter, vcl per eccasionem. »

Sao LES VŒUX d'après ll thek : division prétendue

tance on parle aussi de l'accident, la division que Luther faisait entre les vœux aurait été dans une dispute théologique une objection habile pour enibairasser un candidat inexpérimenté. Mais quelle mauvaise foi d'aller mettre cette invention sur le compte des théologiens catholiques, et d'en tirer contre eux cette conclusion : Tous les vœux sont substantiels et tombent sous le précepte : u Faites des vœux et acquittez-les », si bien qu'aucun ne pourrait être rompu ! Comme si jamais dans l'Eglise calliolique, l'on avait enseigné la rupture des vœux 1 Pour Luther, il ne s'agissait que d'éblouir ses lecteurs, et de leur apprendre astucieusement que Dieu ne connaît pas de vœux accidentels, mais que tous sont substantiels, pour en arriver finalement à représenter les religieux tombant sous ses coups : « Où qu'ils se -tournent, ils ne trouvent plus d'échappatoire et ne peuvent s'enfuir i. » \ouveau don Quichotte, le « Réformateur » s'escrime contre un fantôme pour remplir ensuite les airs de ses cris de victoire. p]t comme conclusion, lui qui a rompu ses vœux et qui en a entraîné d'autres à rompre les leurs, le voilà qui entonne les grands airs : d La parole et le précepte de Dieu demeurent éternellement ; cette parole n'admet ni les moqueries, ni les travestissements 2». Il altère et il travestit tout, et il le fait à

1. Ou, comme il le dit dans son sermon (Erl. lo, '1Ô7), il a fait toute cette argnimenlation pour prouver, sans réplique possible, ou que tons les v( eux. sont muables accidentalia), ou que tous sont immuables (suistanlialia), et qu'enfin tons sont absolument égaux.

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