‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 250 sur 290 · Weim. VIII · texte numérisé non relu

Weim. VIII

2. Thomas d'Aqlin in Mntlli., c. kj : « Talis est cliffcrLMitia intor perfcctionem rcligiosorum et pnelatoruin, qualis inter discipiilum et magistrum. Undc discipiilo dicitur : si vis addiscore, intra scliolas ut addiscas ; magistro dicitur : lege et perlicc. » C'est pourquoi l'on disait, précisément depuis le ïiii" siècle, que le religieux était in statu perfeclionis acquirendœ ou gcnerandw^ l'évèque in statu perfeclionis exerccndœ. Voir aussi, ci-dessus, p. a5'i, n. 3 ; p. 2G1 ; p. 289, n. i.

EN ÉTAT DE PERFECTION' ET d'iMPERFECTION 33 1

Non, puisqu'il y est déjà ; mais il doit dès lors posséder en maître cette perfection vers laquelle il tendait en élève. Et l'évoque qui retourne au monastère passo-t-il, lui, de l'état d'imperfection à celui de perfection? Sans m'arrèter à remarquer que cette assertion est un non-sens à la charge de Luther, l'évcque dans ce cas ne cesse pas d'être évèque. Luther a inventé et forgé tout cela pour pouvoir en arriver à cette sortie tapageuse, contre les papistes : « Que peuxtu attendre de ces fous téméraires, sinon peut-être qu'ils te féliciteront d'entrer dans un état de perfection si tu quittes le lit conjugal pour courir à la maison publique. 0 Christ, dans cet état de vie sacrilège, ce n'est qu'un tissu inextricable de mensonges '. » C'est la tactique habituelle de Luther de défigurer la doctrine catholique de manière à pouvoir ensuite, avec une apparence de raison, lancer contre elle ses trivialités ordinaires.

§3. — L'Eglise catholique voit-elle dans la chasteté la perfection suprême ? — Conséquences. — Le premier Luther contre le second.

c( Cette foule misérable et ignorante ne sait pas môme pourquoi la chasteté est recommandée. S'ils observent ce conseil, c'est qu'ils croient qu'elle est l'œuvre par excellence, qui renferme en elle le salut et la gloire; aussi s'estiment-ils très élevés en perfection

Page 1