I. Weim. VllI, G.'i
332 l'importance iœlati\e ije la chasteté
au-dessus des autres chrcllens ». Voilà ce qu'écrit Luthei'i.Mais en sens contraire, nous venons d'entendre les maîtres de la doctrine chrétienne dire que les conseils ne sont que des moyens pour éloigner ce qui s'oppose à un plus libre épanouissement de la charité'^. Tous, y compris celui de la continence, ils sont au service du précepte de la charité envers Dieu et envers le prochain, et par là-même au service de la prédestination éternelle. Ainsi Luther nous a donc encore une fois trompés. Mais, avant de nous occuper de son accusation à ce sujet, arrêtons-nous à son affirmation que les religieux se croient très élevés en perfection au-dessus des autres chrétiens.
Il y avait certainement alors des religieux qui se croyaient meilleurs que le reste des hommes 3. Pour ceux-là, il eût été préférable de rester dans le monde ; comme l'a dit saint Augustin, « l'humilité avec le mariage vaut mieux que l'orgueil avec la virginité*. » Mais, l'orgueil serait-il lié nécessairement aux vœux monastiques ? Il est clair que Luther a malicieusement accepté cette manière de voir : pour lui, d'après la doctrine catholique, l'élat religieux est la perfection, le religieux est l'homme parf ail, et il se tient pour par-