Removentia prohiljcntia
3. Mais ceux-là ôtaient lîrécisôment les religieux très imparfaits, sans vie spirituelle, les religieux de nom, dont volontiers tous les prédicateurs moralistes auraient dit avec Grégoire Moucensteh^ (Sennoncs contra omncin muiidi pervcrsum stalum, Argentine, i5i3, loi. ^i*" .) : « Dcspiciunt seculares, putantes se meliores ipsis », etc. De tels religieux identifiaient V a oblùjation déposséder» une vertu avec la (( possession » elle-même.
'i. In iisalm. gg, n. i'.i.
l'impoutance relative de la chasteté 333
fait. Oi\ saint Tliomas enseigne au contraire : « C'est une présomption de se regarder comme parfait, mais non de tendre à la perfection!». L'effort vers la perfection exclut l'orgueil et la présomption, et la trop haute estime de soi procède uniquement de l'amourpropre et de la présomption. Et parce que Luther était parmi les hommes les plus orgueilleux et les plus présomptueux de son temps, ainsi que nous le verrons au cours de cet ouvrage, çeût été un miracle que l'idée exagérée de lui-même ne se fût pas déjà manifestée chez lui dans la période catholique de sa vie. De fait, dès i5i6, époque après laquelle il resta religieux plusieurs années encore, il écrivait « qu'autrefois il ne pouvait comprendre comment, après son repentir et sa confession, // ne devait pas se préférer aux autres, puisqu'alors il pensait bien être sans péché- ». C'est ce mauvais sentiment />t'/\s'o/(/î^/ qu'il attribua k fous les religieux ; et dès lors, il leur reprocha de se croire plus parfaits que les autres. Nous voyons aussi par là combien, lors même qu'il élait encore catholique, Luther s'était éloigné du vrai christianisme, du christianisme catholique. Si à cette époque, cette opposition fut chez lui souvent iticonsciente, il n'est plus possible d'en dire autant après son apostasie. C'est de propos délibéré qu'il déforme alors la doctrine catholique, et qu'en pleine connaissance de cause il met au compte des catholiques tout ce qu'il peut imaginer à leur détriment.