qu. i85, a. I, ad
a. Commentaire sur VépUrc aux Romains, c. i, fol. l'i^ ; Ficker, II, 109. Je reviendrai sur ce passage dans la seconde partie.
33/i l'iMPOHT\\CE relative de la CHISTETÉ
Qu'y a-t-il de vrai dans ce premier reproche, que l'Eglise calholiquc voit dans la chasteté l'œuvre par excellence, qui renferme en elle le salut et la gloire ? Qui a enseigné cette doctrine ? Pas un seul docteur catholique. Pourtant, plus tard Luther n'aura pas honte d'éciire encore: (( Les moines confondent à peu près la justice originelle avec la chasteté^ ». D'après les deux plus grands docteurs de l'Age d'or delà scolastique, 8. Thomas et S. Bowventure (et tous les maîtres marquants venus après eux: les ont suivis), ce n'est pas le vœu de chasteté qui est le plus élevé; c'est celui d'obéissance^. Conformément à cette doctrine, les Bénédictins et les Dominicains ne font que le vœu d'obéissance -^ Dans les anciens statuts de l'ordre des Chartreux, ordre dont Luther s'occupe si souvent, on aime à revenir
1. Inc. 2 (icn. 0pp. cn-y. Inl., I, I'i3 : « Monaclii jiistitiain oricrinalcm fere intellignnt de castitate. >> C'est an même ordre d'idées cprapparlient ce mensonr^e de iTjSq : « Dans le papisme, on a prétendu qne la chasteté obtient la rémission des péchés, non seulement pour ceux cpii la gardent, mais encore pour d'autres. » Erl. /|/|, 3Si.
2. S. Thomas. De pcrfecl. vitœ Sfiirit., c. Il : u Inlcr liiec autein tria, qu.i- ad rclig-ioiiis statum dicinius pertinerc, pra^cipunm est oljedientiir votum, quod quidem rnultipliciter apparet. » « Qui propriani voluntalem dat, totum dédisse videtur. Universalius igitiir est obedientia^ votum qnam continentia- et paupertalis, et quodam modo includit utrumque». On trouve des développements à ce sujet dans 2" 2", qu. 18G, a. 8; 2" 2", qu. 88, a. 0; Ep. ad Philipp. c. 2, Icct. 3, et dans maint autre endroit ; S. Bonaventure écrit : (-4 sent. dist. 38, n. 2, qu. .5. n. 7) : (( Votum obedientia^ est perfcctissimum, qnia in castitate vincit homo corpus su\im, in pauperlatc mundum, in oljelienlia mactat homo scipsum. » C'est là le renoncement à soi-même que Lullicr et sa suite avaient << (icnilu à un clou ».