In psalin. 09. n
2. Epîlrc aux Romains, fol. aSô ; Kicker, II, 3.',;^ : «Vide itaque singulos ordines primiiin. Nullum Deus ila reliquit quiii atiquos bonos et lionestos in iliis ordinavit qui sint aliorum tectura et lionestas. Sic iiialis nuilicribus parcitiir propter bonas, sacerdotes boni protegunt malos, monathi iudigni lionorantur propter dignos. Hic autem insiilsi hornines contra totiini ordinem insurgnnt, ac vcliit ipsi sint niundi, nt nullibi sordeant, ciini lamen ante et rétro et intus nonnisi suinn cl porcorum sint forum et offîcina. »
338 l'importance relative de la chasteté
dides imbéciles qui, comme je le disais, oublient qu'ils sont eux-mêmes les plus souillés des hommes, s'emportent avec violence contre les prêtres, les moines, les femmes, et attribuent à tous ce qui est le fait d'un seul. A ces hommes il faut répondre, — et nous avons ici une apostrophe que le Luther de 1 5 lO adresse au Luther de i52i — : « Et toi, avant de naître, n'as-fu jamais fait dans ta mère rien qui sentait mauvais ? Et maintenant encore n'es-tu jamais malpropre ? Et n'as-tu aucun membre qui pue ') Si tu es a rainient si propre, je m'étonne que les apotliicaires ne t'aient pas encore acheté comme un pot de parfums, puisque des pieds à la tète tu n'es qu'un baume odoriférant. Si ta mère avait voulu le traiter comme un suave parfum, lu te serais consumé dans ton fumier ' ».
Dans ce passage, le moine Luther a prononcé la sentence la plus sévère possible sur le Luther père de la « Réforme évangélique ». Ici, les écrivains protestants ne peuvent pas recourir à leur chère phrase creuse, que c'est précisément i^lus tard que Luther en est arrivé à une conception meilleure et plus élevée. Ici, il s'agit de faits ; en cinq ans, la vie monastique n'est pas devenue autre qu'elle n'était ; c'est Luther qui a changé. En
I. Ibid., fol. 28G ; Ficker, II, 335 : (( ScJ omnium pulclierrimi fatui, qui, lit divi. obliti, (luod et ipsi sonlldissiini sunt, contra sacerdotes, monachos, miilicres acritcr invcliunl, omniijiisc(uc impingiint, ([uod unus fecit. Cui rcspondctiir: niinqiiam tu matri in sinum fecisti, quod maie oleret ? Aiit nunc etiam nusquam sordesi' Ant nuUilii membrorum putes? (^uod si tam purus es, mirum, quod apolhccarii le non jam olini cinerint pro balsamario quando nonnisi balsanuim aromatisans tu es. Si mater tua sic tibi fecisscl, a proprio stercore consumplus fuisses. »
l'importance relative de la chasteté 339
i52i il nie les faits qu'en i5i6 il avait vus partout de ses propres yeux, à savoir que dans tous les états, et dans les ordres aussi, il y avait une partie de bonne, qui faisait que la mauvaise était épargnée. Avec toute l'antiquité chrétienne, il pensait que les erreurs des individus ne doivent pas être imputées à la masse. Mais aujourd'hui tout est changé. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui il est du nombre de ceux dont il disait en i5i4 : « Les hérétiques ne peuvent se mettre en bonne posture, s'ils ne peignent l'Eglise comme mauvaise, fausse et menteuse. Ils veulent seuls être regardés comme bons ; l'Eglise, au contraire, doit paraître mauvaise en tout ^ ». C'est lui désormais qui s'estime un baume odorant, malgré le fen de la chair dont il n'est plus maître, malgré son existence vide de Dieu à la Wartbourg. Et il s'arroge le droit de trouver une mauvaise odeur à tout ce qui est dans l'Eglise !