ERREURS ET SOPHISMES
indignes d'un chrélicn. Une fois encore, on voit percer ici le principe dont Lutlier se servait contre l'Eglise, que, si l'on reconnaît une chose comme supérieure et meilleure, le reste devient aussitôt ?nauvais ou, comme on dit ici, indigne d'un chrétien. C'est un second mensonge que la perfection évangélique consiste en ce que dit la Confession, et qu'en y tendant l'on « détruit l'organisation et le bon ordre des nations, et l'état du mariage », comme on lit dans la suite. Mais nous traiterons ce point au chapitre \ni.
Mélanchthon ajoute : d C'est un bon et parfait état de vie celui qui a pour soi le précepte de Dieu, et c'en est un dangereux celui qui ne l'a ])as'. » Ces derniers mots sont à l'adresse de l'état religieux : ils sont un produit des sophismes de Luther. Assurément, l'état religieux n'est pas commandé par Dieu, mais il se fonde sur le co/ï.'fe// du Christ au jeune homme qui depuis l'enfance avait pratic[ué les commandements : k Si tu veux cire parfait, lui dit-il, va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens et suis-moi-. » Par là, Jésus-Christ a-t-il conseillé un état de vie dangereux ? Et celui-là embrasse-t-il un état dangereux, qui par amour de Dieu, pour satisfaire le plus parfaitement, le plus directement possible au précepte de la charité, entre dans un ordre, afin que, dépouillé de tout, il y puisse suivre d'autant plus parfaitement Jésus-Christ et sa pauvreté ? Est-ce là choisir une vie au-dessus du