‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 267 sur 290 · Corp. Réf., I, 199 et ci-dessus, p. 34o · texte numérisé non relu

Corp. Réf., I, 199 et ci-dessus, p. 34o

'i. Il n'y a pas lieu de s'occuper des déclamations de Lang : théologien sans la moindre valeur, il ne savait que singer Mélanclithon, lorsque, par exemple, il disait dans un sermon : « Ergo Thomas Aquinas ineplissime mentitus est, quod pcr ingressum religionis et voti pmestationem quis justilicatur. » Dans UsiNGEN, De falsis jirophetis, fol. Hiij. Je doute que Lang ait jamais, je ne dis pas lu, mais vu un ouvrage de S' Thomas.

d'après ritschl, seeberg et iivrnack 855

liquc de la vie. Dans les pages suivantes, nous n'allons nous occuper que des principaux.

Nul n'ignore l'influence décisive exercée par RrrsciiL sur le développement de la théologie protestante contemporaine. Son rationalisme rencontra une forte opposition, mais sa conception du monachisme fut à peu près universellement acceptée. Or, quelle est cette conception? S'appuie-t-ellc sur la connaissance de la doctrine catholique ?

On reste stupéfait quand on lui entend dire : « Le christianisme catholique a son idéal de vie dans le monachisme, dans un ensemble de pratiques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance (envers les supérieurs), pratiques dépassant la loi divine générale. Par ces vertus, dit l'enseignement catholique, l'homme atteint la fin surnaturelle que le christianisme lui propose, et qui n'était pas prévue dans la création première; par là on participe à la vie des anges ; l'état monastique ainsi eiitendu est la perfection chrétienne ^. )) Tout cela esta la fois faux et confus.

1. Albrccht Ritschl, GcschiclUc drs Pictismus (1880-1S8G), I, SS-Sq. \ la p. II, il avait déjà écrit : « Dans J(; concept catholique du christianisme, la vie du moine, éloigné du monde, est consitlérée comme la vie chrétienne \)ar{aitc, proprement dite, auprès de laquelle on a mis tout à fait an second plan le christianisme sécularisé des laïques, à qui l'on n'a donné qu'une rcfrlc passive, par la i-éceplion des sacrements. » (C'est moi qui ai souligné). Déjà Jean Geiuiaiui (Loc. tlieoL, t. VI, loc. lô, c. g, éd. Cotta, Tubinga^, 1767, p. i5i) et suiv.) établit sa polémique contre Bellaumin presque exclusivement sur les altérations faites par Luther et par, la Confession. Nous ne trouvons pas une meilleure conception dans ]Mvrte>se>, Die individuelle Ethik (GiAha, 1878), p. fioS ; ni dans Al. v. (ICttinr.KN, Die christliche Siltenlehrc (Er\a.n'J:en, i87.'5), p. 632-G33. D'après KoLDE. Luther pénètre au cieur de la ([uestion, parce que c'est

356 l'idévl catholique de la vie

Il n'est plus nécessaire de donner des preuves de l'entière fausseté de cette assertion que l'état monastique est l'idéal catholique de la vie. Une erreur plus grave est de prétendre que cet idéal de vie consiste en des œuvres qui dépassent la loi de Dieu, c'est-à-dire dans la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. Ritschl fait preuve d'une grande ignorance quand il écrit que par ces « vertus >>, l'homme atteint la fin surnaturelle que le christianisme lui propose. Sans doute, ces trois (( vertus » sont nécessaires à tout chrétien, mais non sous la forme où on les entend et où on les pratique dans l'état leligieux ; et ce n'est pas uniquement par elles que l'homme atteint sa fin surnaturelle. Mais c'est la dernière phrase de Ritschl qui mérite le prix: l'état monastique, ainsi entendu, est la perfection chrétienne. C'est tout à fait conforme au sens du texte reçu de la Co/j/e.ç.s'/o/id'Augsbourg, d'après lequcU'état religieux est la perfection chrétienne^.

Seeberg se donne l'air d'un théologien qui se borne à étudier les faits, mais, au fond, il est rationaliste. D'après lui quel est donc l'idéal catholique de la vie? C'est (( l'état de perfection », la vie monastique ou vie

(( en partant de l'idée fondamentale du vœu, à savoir que roii acquiert le salut par ses œuvres propres, qu'il montre clairement que le vœu est immoral. » (Edition des Loci communes de Mélanchtlion, Leipzig, 1900, p. 126. Voir, ci-dessus, p. i32 etsuiv.)Je n'ai plus besoin de dire à Kolde de quel côté se trouve l'immoralité.

I. Voir ci-dessus, dans ce chapitre, p. 3'|5. En vue de HA.n>\cK, dont je parlerai plus loin, c'est à tlosscin que j'ai donné sans auciui changement le texte de la première édition. \"oir aussi son Lehrbuch der DogmeiKjeschichte, 3' éd. (iSiji-iSgy), t. III, p. 7/16, n. j.

d'apkès uitsghl. seeberg et ha.r>'ack 357

des « religieux » ^. Comme Rilschl, Seeberg confond avec l'état de perfection, la «perfection évangélique » ou « l'idéal catholique de la vie )>, et il s'appuie sur S. Thomas et S. Bonaventure ! L'« idéal romain de la vie » consiste uniquement dans les œuvres (ou, comme dit Ritschl, dans les praliques), dans ces œuvres que Luther a appelées contre nature et purement légales 2. C'est la « perfection de su rérogation-^. » «Par là, on crée le trésor des œuvres de surérogation ; et à côté du Christ on place la phalange des saints « intercesseurs » et « médiateurs »*. Et pour qu'il ne vienne pas à la pensée de douter un moment de la justesse de cette assertion que, pour l'Eglise catholique, les saints sont des médiateurs à côté du Christ, Seeberg cite le Supplément de la Somme de S. Thomas, question 7'2, article '?. Naturellement, on n'y trouve rien de cette idée que les saints seraient des « intercesseurs » au même degré que le Christ.

Au sujet de l'idéal catholique de la vie, Seeberg avance encore d'autres propositions toutes différentes, dont chacune contient une erreur. Pour le chrétien du moyen âge, la foi était l'assujettissement à la loi enseignée par l'Eglise (!) C'était avant tout dans les

1. Lehrbuch der Do(jinengeschiclitc, II, 107. n (3, à comparer avec la page 269, n. 2. De l'écrit de Seeuerg, Luther und Lutlierlum in der neiu'Sk'ii Kathol Beleiichtang, Leipzig-, 190/1, p. lo-u, il ressort clairement que c'est de moi que l'auteur a appris que les ordres n'ont pas un idéal de vie différent de celui de tous les chrétiens. Mais voir à ce sujet mon opuscule : Luther pour le rationaliste et pour le catholique. (A la fin du t. IV de cette traduction. N. d. T.)

Page 1