Perfectio surerog-ationis
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instincts sensuels de la nature quel'on voyait le péché î Le naturel, comme tel, était mauvais(!j Aussi, dans ce milieu, les idées de Luther pénétrèrent puissamment, parce que c'étaient de robustes pensées chrétiennes '. On commence par altérer la doctrine catholique : puis (jn déblatère contre elle. C'est le procédé de Luther. Aussi l'on ne s'étonne plus d'entendre dire à Seeberg : (( L'Ecole a eu l'idée par trop malheureuse de dire que le Christ n'est que la camsc partielle de notre rédemption -. ))
IIahn.vck. ne sait que répéter Ritschl ; après lui, il dit notamment que le vrai moine est « le vrai, le très parfait chrétien » ; que le monachisme « est la vie chrétienne » ^. Ainsi, ce sont les expressions échappées à Ritschl sur l'idéal catholique de la vie, avec cette ditlérence que Ilarnack est beaucoup plus confus. Aucune précision dans les idées ; aucune distinction
1. P. 258. Voir à ce sujet quelqvies lignes dans l'article suivant, sur Harnack, et plus longuement, ci-dessous, au chapitre xiii, sur le mariage.
3. Das Monrhlum, seine Idéale, seine Gesrhichte, 5* éd. (Gicssen, Kjoi), p. G. C'est Harnack. qui souligne le mot la. Son exposition du monachisme occidental, et tout spécialement des réformes de Cluny et de S. François d'Assise, concorde d'une manière étonnante avec les seconds Prolégomènes de Ritschl dans sa Geschichle des Pielismus (i88o), I, 7-22, et je n'oserais vraiment trouver mauvais de voir quelqu'un venir me dire que Harnack a un peu trop copié Ritschl. Toutefois, comme Harnack n'a pas un traître mot pour mentionner Ritschl, il faut en conclure simplement que les grands esprits se rencontrent. —
En 1907, Harnack a fait paraître une 7° édition de son opuscule. Dans la préface, il parle des critiques de Denille. Mais après ces critiques, il n'a trouvé que « peu de corrections à faire. » (\. d. T.).
d'après RITSCIIL, SEEBEUG et HAUXACK 3Ô()
entre moyens et bal ; appréciation de plusieurs particularités d'après des idées générales préconçues, afTirmations insoutenables, et d'où l'on tire pourtant des conclusions : voilà les grands défauts de Harnack; ils s'infiltrent plus ou moins dans toutes ses discussions sur le moyen âge. et ils se montrent tout particulièrement dans ses idées sur le monachisme. >'ous déplorons chez Ilarnack ce manque d'idées claires, quand nous le voyons écrire que la Réforme a déclaré téméraire de (( s'obliger à l'ascéfisme pAT un vœu perpétuel'. » Dès le début, sa définition du vrai moine, qui est (( le vrai, le très parfait chrétien », est radicalement fausse, et nous est une preuve de l'ignorance protestante en ce qui touche au catholicisme. Qu'est-ce donc que le vrai moine ? D'après la doctrine catholique, développée dans les chapitres précédents, le vrai moine est un chrétien qui s'est obligé à tendre à la perfection de la charité; il n'est pas, comme le dit Harnack, le vrai, le très parfait chrétien. Le vrai chrétien est celui qui vit chrétiennement, et qui atteint sa fin éternelle, en mettant la grâce à profit, et en satisfaisant au précepte de l'amour de Dieu et du prochain; ce chrétien se rencontre dans le monde et dans l'état religieux. Le très parfait chrétien est celui qui agit ainsi le plus parfaitement possible ; et ce chrétien peut se trouver dans le monde et dans l'état religieux; cet état rend seule-
I. Das W'i-sen des ChristcnUimg, !i' éd. p. i8o. Et ce pauvre ascétisme ! ((Jeune et ascétisiiic sont sans valeur (ievant Dieu, ils sont aussi sans utilité pour le prochain », etc. Ihid., p. 17Ô. [L'Essence du Chrisliaiiisine, Paris,, Fischbaclicr, 1907; (traduction meilleure ciuc celle de hj(j2, qui était fort mauvaise), p. S.'n, 333.]
3Co l'idé\l catholique de la vie
ment plus facile le but à atteindre. 11 est donc complètement inexact de prétendre aA^ec Harnack que la vie monastique est la vie chrétienne. Et c'est précisément cette conception de la vie monastique que Harnack nous présente comme la conception catholique, comme une chose qui va de soi ^ alors qu'en réalité nous n'avons là qu'une conception protestante. Sans plus d'examen, Harnack conclut : « Quoique le chrétien évangélique(!) (c'est-à-dire le protestant) soit certain que la perfection chrétienne n'est pas à chercher dans les formes du monachisme, il doit néanmoins le regarder de près, et en fixer les traits avec clarlé. Le monachisme n'est véritablement vaincu quelorsqu'audessus du très bon qu'il possède Ton peut mettre quelque chose de meilleur. Celui qui l'écarté avec dédain ne le connaît pas 2 », etc. Mais quelqu'un qui ne le connaît pas, et qui n'en a pas même une notion exacte, c'est précisément Harnack. Et c'est lui qui veut essayer de mettre quelque chose de meilleur au-dessus du très bon qui est dans le monachisme. lui qui veut chercher ce que l'on peut apprendre du monachisme ! A la racine de la notion complètement erronée que Ritschl, Seeberg et Harnack se font du moine et de l'idéal de la vie, il y en a une autre tout aussi fausse.
1. Que dès lors le lecteur juge de quel droit Harnack prélend -que j'attaque « l'opinion soutenue par Ritschl et par moi (Harnack), que d'après la conception catholique, le monachisme étant l'état de la perfection, est le véritable idéal catholique delà vie» etc. (Ddini^ Theol. Litcraturceitting, 1908, n. afi, col. Ciji.)r)u reste, cette conception elle aussi serait à rejeter comme fausse. Voir mon opuscule Luther pour le rationaliste et pour le catholique, ch. 11, S J-