‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 269 sur 290 · Dus Mônchtum etc. p · texte numérisé non relu

Dus Mônchtum etc. p

d'après bitschl, seeberg et HARXACK 36 1

qu'ils ont héritée de Luther après son apostasie : c'est que d'après la doctrine catholique, l'on ne peut servir Dieu dans le mariage, que la vie conjugale n'est pas chrétienne et qu'elle est tout au plus tolérée ; que les tendances de la nature sont des péchés et que la nature est mauvaise en soi. Par là, ils se mettent au point de vue de Luther, au moment de sa plus grande fureur contre l'Eglise. Afin de ne pas interrompre la suite de mes recherches, je renvoie au chapitre xiii pour le développement de celte idée, quoiqu'à la vcrilé ce que j'en ai dit au chapitre précédent pût sutFire.

Harnack, du reste, dit et répète, mais sans qu'il s'en doute, que, d'après la doctrine catholique, la vie chrétienne peut aussi se trouver en dehors de l'état religieux. Dans une même page, on trouve chez lui ces deux phrases : « Dans la grande réforme des moines de CluQy et de leur puissant pape (Grégoire Yll), le monachisme occidental émit pour la première fois la prétention hien arrèlée de devenir le règlement de vie de tous les fidèles hors de tutelle, etde se faire reconnaître comme tel. » Et ensuite : « D'après la doctrine catholique, ou tout au moins d'après celle de Cluny au XI" siècle, le monachisme est la forme la plus élevée dn christianisme'. » Or, plus haut, nous lui avons entendu dire : « Le monachisme est /a vie chrétienne. » Mais, s'il n'est que la kniue la plus élevée du christianisme, il y en a donc une autre, qui elle aussi est une vie chrétienne, quoiqu'elle ne soit pas la forme la plus élevée de la vie chrétiemie. L'état monastique n'est

ERREURS DE HVRNACK

donc pas la vie chiélienne, ni le règlement de vie de tous les fidèles hors de tutelle.

Voilà où l'on arrive, quand on n'établit pas assez clairement les notions fondamentales. Et ce sont aussi des paroles en l'air de dire qu'avec leur pape Grégoire VII les moines de Cluny ont émis la prétention d'imposer leur état monastique, comme le règlement de vie de tous les fidèles hors de tutelle. C'est ce que nous allons uiontrer dans les pages qui suivent.

§ 3. — Erreurs de Harnack sur l'idéal de la vie, aux diverses époques des ordres religieux

Je passe sur la distinction arbitraire de Harnack entre fidèles hors de tutelle et fidèles en tutelle, ces derniers étant les laïques. Mais que faut-il penser de la prétention qu'il attribue aux moines de Clun\ et à leur pape, ou de leur programme qu'il résume ainsi : « Ces moines avaient devant les yeux un programme positif: la vie chrélienne de toute la chrétienté ^ », c'est-à-dire « la vie selon les règles monastiques?- » Ces assertions ne viennent que de l'ignorance de l'histoire. Où et quand les moines de Cluny du xi'' siècle ont-ils émis cette prétention, où et quand ont-ils exposé ce programme ? Où sont les preuves, les documents? Il y a quelques années déjà, Sackur a écrit : <( On ne saurait prouver, et il est tout à fait invrai-

I. Ibid., p. /ta. C'est Harnack même qui met ce mot en relief. 2.' Ibid., p. !i'i.

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