‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 279 sur 290 · I. P. 5i. C'est moi qui souligne · texte numérisé non relu

I. P. 5i. C'est moi qui souligne

a. Il n'y a que trois autours de chants liturgiques que l'on puisse prendre ici en considération : .Jacques de ïodi (avec le Stabal mater), Thomas de Celaso (avec le Dies irx), et Thoîias d'Aqui> (avec les hymnes dogmatiques et la séquence de la Fête-Dieu). Sur les poésies de S' Thomas, voir le jugement si sensé d'A. BAi:»tr.ABT>ER dans la Geschichte der Weltliteratur, IV, Die laleinische uiid (jriechische JJteratur der christlicheii Vôlker (1900), p. 'lôô-iTi;. Si Harnack voulait parler des mélodies, et non des paroles, il serait en plus mauvaise posture encore, car les mélodies chorales vraiment belles sont d'époque antérieure ; que si aux XIII' et xiv' siècles on trouve de bonnes mélodies pour des hymnes et des séquences nouvelles, elles sont empruntées à de plus anciennes.

874 ERREURS DE IIXRNACK

liberté religieuse et la félicité de l'àme élevée au-dessus du monde et sûre de son Dieu. Par là, si celte théologie n'a pas commencé la Réforme évangélique (!), elle lui a du moins préparé les voies ^ ».

Je met lïarnack nu défi — et ce sera ma seule réponse — de m'indiquer dans les mystiques, et spécialement dans les mystiques allemands, un seul passage sûr, clair, inattaquable, d'où puisse résulter la vérité de son assertion que la mystique voulait produire la certitude du salut. D'abord, la langue de Harnack montre qu'il ne sait pas bien ce que c'est que la mystique. Que veut dire : « La mystique produit, la mystique veut produire ? » Qu'entend-il par mystique ? Pourquoi lancer ainsi des mois et des phrases sonores quand on en connaît si peu la valeur ? Puis, avec sa mention de (( la réforme évangélique » (!) au sujet de la certitude du salut, il s'aventure sur un mauvais terrain, comme il pourra s'en apercevoir par la suite de cet ouvrage.

Enfin, comment est-il possible que l'ancienne mystique ait voulu produire la certitude du salut, et qu'en révélant la félicite de l'àme élevée au-dessus du monde et sûre de son Dieu, elle ait préparé les voies « à la réforme évangélique », tandis que cette félicité, ce serait seulement la Réforme qui l'aurait donnée? Pour llarnack, la certitude du salut est le point culminant de ce que Luther a enseigné aux âmes - : comment donc expliquer qu'au lieu de s'en tenir au luthéranisme, les prétendus mystiques du protestan-

■2. A'oir, ci-dessus, p. ii)'i. etc.

Page 1