‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 43 sur 290 · LVH[ PREFACE DE LA. SECONDE EDITION · texte numérisé non relu

LVH[ PREFACE DE LA. SECONDE EDITION

Beaucoup de journaux protestants ont donné celte déclaration, avec cet en-tète : « Une bataille sérieuse entre deux savants attire l'attention du monde lettré. » Mais y a-t-il vraiment lieu de parler d'une bataille sérieuse, quand on croit pouvoir se soustraire avec une telle désinvolture aux obligations d'un homme de science ? Mais je ne veux pas que vous m'échappiez à si bon marché, M. le professeur.

Quand vous écriviez ces lignes, très vénéré Maître, aviez-vous donc complètement oublié que déjà vous aviez écrit une réponse à mon livre, au livre qui contenait cette accusation de « mensonge », et que mou opuscule n'était qu'une réplique à votre réponse? Aviez-vous oublié que dans cette réponse, et sans y mettre de condition, vous Jaisiez prévoir une réfutation scientifique plus détaillée? Or, je vous le demande, pourquoi, dès cette époque, ne vous étiez-vous pas laissé épouvanter par cette accusation de « mensonge » ? A ee moment-là, votre déclaration eût pu sembler suffisante pour vous tirer d'embarras et vous dispenser de répondre; mais aujourd'hui que vous êtes déjà descendu dans la lice, elle ne l'est certainement plus.

En outre, si par ma prétendue grossièreté vous vous croyez libéré de toute relation scientifique avec moi, songez que par égard pour le pulAic et pour vousmême, pour votre réputation, vous devez une réponse à des remarques qui sont d'un certain poids. Vous la devez plus encore à la mémoire de Luther, puisque vous vous mettez au nombre de ceux qui le vénèrent, et qu'une fois déjà vous êtes descendu sur le terrain, si glissant pour vous, de la défense de ce « grand homme ». (Que c'ait été pour son bien ou pour son mal, je laisse à d'autres à le décider). Et si vous tenez

FALX PRETEXTE DE H AKNACk POLU SE DEROP.EU I.IV

à proscrire ma personne, qu'ont à voir avec moi les faits impersonnels relatés dans mon opuscule?

Du reste, très vénéré professeur, où est donc cette phrase inqualifiable qui vous a tant irrité? Voyons la page 4<3 '. A l'échafaudage des déductions par lesquelles vous aviez travaillé à introduire le mol de « mensonge » dans mon argumentation - j'y réponds d'une manière purement hypothétique, c[ue pour quelqu'un qui regarde encore Luther comme un réformateur, ijn tel mensonge ne serait pas à proprement parler un péché. Et c'est pourtant exact : car que Luther se préoccupât assez peu de dire la vérité, c'est ce que

I. De son opuscule Luther [idur le rationaliste' et pour If ratlioliitiie.

■2. En réalité, je ne me suis pas servi du mol de « mensong'c. » A la p. XX\ de la première édition, je posais cette question : (( Si Harnack. savait que l'expression Splendida vilia ne se trouve pas dans Augustin, pourquoi l'a-t-il donnée comme d'Augustin !< » Cette question comporte deuv réponses également possible.'»: « Ou Harnack le savait, et alors il manquait de loyauté, ovi il ne le savait pas, et alors il manquait de critique (a) ». Laquelle de ces deux, suppositions ai-je clioisie ? Xi l'une ni l'autre. Je ne décide pas, je me borne à interroger. C'est Harnack lui-même qui s'est décidé, et pour la première supposition ; et jionr la rendre, il a choisi le mot le plus brutal, celui de mensonge. Donc le trait ne porte pas et se retourne contre celui qui l'a lancé.

Comment ensuite, dans la fameuse séance de Berlin, le directeur Althoff a-t-il pu se baser sur la seule déclaration de Harnack, et en arrivera dire : ((Après l'apparition de l'ouvrage de Denitle. d'un ouvrage où il n'a pas craint d'accuser de mensonge im homme dont la science est fière, si j'avais connu l'auteur, jaurais tenu à rompre toutes relations avec lui. )> (Jenaische Zeitung, n" 92 ; ao avril 190/i). La Triersche Landes zeitung, n° 98, du 20 avril, a du reste caractérisé d'une manière très heureuse cette sortie du directeur AlthofT, ainsi que celle qu'il a faite au sujet de Spahn.

(a] Denitle écrit : (( Ou Harnack ne le savait pas, et alors il manquait de loyauté: ou il le savait, et alors il man(|uait de critique. » Nous croyoiis qu'il y a là une distraction. (.\. d. T.)

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