LXII PREFACE DE LV SECONDE EDITION
première édition, et je n'y ai jamais attaché une importance capitale; je concède très volontiers que jusqu'à un certain point, et tout particulièrement en Allemagne, cette intempérance était une faiblesse de l'époque et, qu'en partie aussi, elle venaitdu siècle précédent. Mais « fondateur d'une confession », soi-disant envoyé de Dieu et « son vase d'élection », Luther aurait dû s'élever contre cette faiblesse. En la partageant, il ne s'est montré, au contraire, qu'un fils de son temps. Et à rencontre de ces titres glorieux qu'on lui a prodigués, il y a bien d'autres faits encore. Comme je l'ai montré ', il avait un langage extraordinail'emcnt obscène : il fut l'inspirateur de neuf caricatures pour la plupart tout aussi obscènes, et l'auteur des vers qui les accompagnaient; ce sur quoi tous les critiques ont observé un silence prudent ! Ne saurions-nous de lui rien autre chose, qu'aucun homme sensé ne pourrait le regarder ni comme d un réformateur ». ni comme « un homme de Dieu », ni comme rien de semblable.
Pour prévenir d'autres malentendus, il est utile d'indiquer clairement et loyalement la marche de mes recherches et la formation de mon jugement sur Luther.
i. i" édition ail., p. 778 — Soi (2' cd., p. 8i3-8.'i2. c'est-à-dire partie II, ch. vi, S 2.