BUT ET PLAN DE L OUVRAGE LXTII
Après en être arrivé au point dont je parle dans mon introduction (p. ^7), j'ai visé avant tout a sdisir cl à exposer avec le plas de vérité possible l'o])position entre la vraie et saine doctrine de l'Eglise avant Luther, et ce que Luther en a fait. Voilà comment, dès le début, je me suis heurlé II r habitude du mensonge chez Luther; plus j'ai avancé, plus je me suis rendu compte du rôle considérable que joue cette tendance dans la manière dont il a exposé la doctrine catholique : c'est une des clefs nécessaires pour bien comprendre Luther •. L'ouvrage sur les vœux, que j'ai lu en premier lieu, m'amena à cette conclusion, et une lecture plus approfondie de
I. 11 s'agit ici de la manière dont Luther a pratiqué le mensonge. An cours de mon travail, je m'étais aperçu que, dans son Comnwnlaire sur VEpître aux Romains (i5i5-i5iG), il s'était déjà servi du mensonge de nécessité pour étayerses conceptions, puisqu'il a falsiRc des passages de saint Augustin, comme je l'ai montré dans la première édition, et que je l'exposerai plus en détail dans la seconde partie de celle-ci (11" partie, cli. iv, § i ; éd. ail., p. '179 et suiv.). Mais, en 1517, Luther considérait encore, en théorie, le mensonge utile et nécessaire comme illicite et comme péché véniel. C'est ce qu'a montré récemment N. Pallls dans son article sur Luther et le mensonge (Luther und die Liige : Wissenschaftliche Beilage de la Gerniania, i<)o^, n. 18). Puis, après son apostasie, il soutint la théorie de la légitimité du mensonge nécessaire; il le fit au plus tard à partir de iBa/i, comme le montre Paulus avec des preuves tirées de ses œuvres. L'on sait d'ailleurs aussi que dès iSao, « vu la malice et la perversité du pape )), il estimait que pour le salut des âmes tout était permis, et que pour le salut de son Eglise, un « bon et gros mensonge » l'était également. Voir ci-dessous, partie II, ch. 11, fin. (éd. ail., p. '123).