‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 48 sur 290 · LXIV PREFACE DE LA SECONDE EDITION · texte numérisé non relu

LXIV PREFACE DE LA SECONDE EDITION

cet écrit ne fit que m'y confirmer de plus en plus. A plus d'un point de A^ue, c'était un grand pas de fait.

Plus que tout le reste, la polémique qui s'est élevée autour de mon ouvrage m'a couvaincu que jusqu'à aujourd'hui les théologiens protestants en étaient restés aux allégations haineuses de Luther après son apostasie. Ses dires d'alors ont beau contredire ceux d'autrefois, l'on ne tient aucun compte de cette opposition : a priori, ce sont ses dernières affirmations qui sont les vraies. Dès lors, ces théologiens n'ont aucune intelligence de la perfection et de l'étal de perfection, pas plus que des vœux et de l'idéal catholique de la vie. Du point de vue auquel on doit SB placer, selon les doctrines et les maximes anciennes, pour juger l'entrée dans l'état religieux, la profession des vœux et le prétendu (( second baptême » , qui n'est que l'entière donation de soi à Dieu, ils n'ont absolument aucune idée. Comment en serait-il autrement puisque ces notions exactes ne se trouvent pas chez leur « Réformateur.^ » S'il avait eu le véritable sens de ces choses, et que de fait, il sefdt complètement donné à Dieu, il n'y aurait eu ni Luther, ni luthéranisme.

On est toujours condamné à s'entendre dire que l'habit Jait le moine, <■■ car autrement, pourquoi

^lEPlUSES DES TIIKOLOGIENS PUOTESTANTS L\V

toute celte variété d'habits religieux? » Gomme si, de ce qu'il y a une quantité d'uniformes militaires il fallait conclure que l'uniforme fait le soldat! C'est Ivoliler, l'un de mes adversaires qui pour tant ont le plus de bon sens, qui fait ici la reremarque la plus étonnante ^ Sur mon observation que dans la profession, le point capital est la donation intérieure et complète de soi-même à Dieu, il répond : « Vraiment n'y a-t-il bien que cela? Mais alors pourquoi un habit monastique? Pourquoi le fait de quitter volontairement cet habit est-il considéré comme une faute très grave? Ne faut-il pas plutôt se faire du monachisme une autre conception : grâce à sa vertu expiatoire, il communique censément à l'habit le caractère cCiin sacrement ; comme dans tous les autres sacrements catholiques , ce caractère est inhérent à l'institution même, indépendamment de toute donation personnelle ! » Ainsi, comme un sacrement, l'habit monastique agit par lui-même : ex opère openito! Très ingénument, le professeur de runiversilé de Giessen appuie ce contre-sens et cette insulte à l'Eglise catholique sur ce fait que des laïques ont été ensevelis avec l'habit religieux -. Dans la

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