‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 56 sur 290 · RESPECT DES PRINCIPES AU X\" SIÈCLE · texte numérisé non relu

RESPECT DES PRINCIPES AU X\" SIÈCLE

cette autorité. Si à i")lusieiirs reprises, et notamment encore au commencement du xvi- siècle, la France s'était soulevée contre le pape, c'était moins pour se libérer de la suprême autorité pontificale que pour arriver à retrouver dans cette autorité un caractère spirituel. D'ailleurs mes recherches ne se tournaient pas vers la politique des dilîérents Etats. Le mauvais prêtre, le mauvais religieux de cette époque avait beau cesser de dire la sainte messe, ou la dire sans attention ou dans des dispositions mauvaises, il n'allait pas jusqu'à la rejeter ; cette idée ne lui venait pas à l'esprit, quelque indigne d'ailleurs que fût sa conduite à l'égard de la messe. S'il ne disait pas [son bréviaire, du moins avait-il conscience d'ordinaire que par là, il péchait gravement contre une obligation stricte. S'il avait une ou plusieurs concubines, si dans son testament ou par d'autres moyens il se préoccupait d'elles et de leurs enfants, du moins assez souvent des remords de conscience s'élevaient-ils en lui ; car il sa\ait que le vœu juré à Dieu n'est pas une imposture du démon, et que la violation en est au contraire un sacrilège.

D'un assez grand nombre de ces prêtres et de ces religieux, on lit qu'ils se ressaisirent et qu'ils rompirent leurs liens ; bien plus souvent, du reste, l'occasion prochaine les faisait retomber. L'un de ces malheureux prêtres écrivait à son frère, qui était moine : « Dans ma conscience règne une lutte permanente ; souvent,

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je prends la résolulion de me convertir ; mais quand je rentre chez moi et que je suis accueilli par une femme et des enfants, alors mon amour pour eux l'emporte en moi sur l'amour de Dieu et il me devient impossible de me vaincre ' ». Mais là où sont les remords de conscience, on peut toujours espérer ; une amélioration n'était donc pas absolument impossible. Si dans cet état, l'un deces hommes se confessaitr la confession ne lui servait certainement de rien, tant qu'il n'était pas sérieusement décidé à se défaire de ses liens criminels et à en fuir l'occasion ; mais il savait pourtant que c'était lui qui était le coupable, et il ne se tournait pas contre la confession. 11 ne considérait pas son état comme une manière d'honorer Dieu, mais bien comme une vie de péché, devant Dieu et devant les hommes. S'il accomplissait peu ou point de bonnes œuvres, ce n'était pas par principe, parce que, d'après lui, elles étaient invUiles au salut ; c'était par faiblesse, par habitude et par insouciance ; la vraie raison en était toujours sa nature corrompue, qu'il avait laissée libre de tout frein. Des maux pires encore que ceux-là. c'étaient le mauvais exemple, lâchasse aux bénéfices et la négligence du ministère des âmes et de leur instruction religieuse.

Pourtant, cette situation, rien moins qu'édifiante,

I. Dans le Cod. lat. Mon. 3332, fol. i. Voir Riezlku, (Icschichte Bayerns, III, 8/|/i. On le trouve aussi dans le prologue du Lnmcrum conscientiœ. (La fin do cette note est tirée de VErraiuni : A. d. T.).

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