‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 57 sur 290 · RESPECT DES PRINCIPES VU \\' SIECLE · texte numérisé non relu

RESPECT DES PRINCIPES VU \\' SIECLE

assurément, n'était pas le comble du mal puisqu'elle n'était pas désespérée. A l'époque même, l'on ne croyait pas tout perdu. En effet, pourquoi cette demande universelle d'une réforme, môme de la part des mauvais prêtres et des mauvais religieux, si l'on eût estimé cette réforme impossible * ? Et, de fait, à partir du commencement du xv" siècle, les congrégations religieuses nouvellement fondées, ainsi que les membres des ordres anciens et quelques évêques, sauvèrent du courant dévastateur et remirent en paix avec Dieu et avec leur conscience plusieurs de ceux qui étaient tombés, et même des communautés entièies. Toutefois, le courant mauvais n'en fut pas arrêté, car, comme nous l'avons déjà dit, ce qu'il perdait d'un côté, il le regagnait de l'autre. C'est le spectacle que nous offre la fin du xv" siècle et le commencement du xvi". Les satires des humanistes italiens et allemands sur le clergé dégénéré de leur époque, firent plus de mal que de bien ; elles ne contribuèrent aucunement à la réforme, car, par leur conduite, presque tous les auteurs de ces satires étaient plus encore que les autres du mauvais côté. .Pourtant plusieurs humanistes français tels que Guy Jouvexalx, Charles Fern.vnd, Jean Raulin, se comportèrent autrement ; non moins que les précédents, ils se sont lamentés et ils ont écrit sur la décadence de leur siècle, mais il n'est pas rare

I. Cf. Jùli. Nider, De reformalionc religioruin liber (Parisiis, Jean Petit, i5i2), II, 9. fol. 53.

de les voir choisir un nouveau geni-e de vie, la vie religieuse ; dans ce nouvel état, devenus eux-mêmes des hommes nouveaux, ils eurent une heureuse influence sur les membres de leur ordre, et sur leurs contemporains.

Dans les vingt premières années du xvr siècle, la situation en Allemagne était si lamentable, que dans l'ouvrage intitulé Le malheur de l'Eglise, attribué à Bertholdde Chieaisee, on trouve ces phrases désolées : (( Toute notre inclination tend à la vanité ; quelle que soit l'idée qui nous vienne à l'esprit, si mauvaise soitelle, on peut oser la réaliser sans crainte ^. » L'auteur gémit sur l'Eglise d'Allemagne, défigurée dans ses membres, sur la perversion du clergé et du peuple ; il craint un châtiment divin 2. Par là, il ne veut pas dire sans doute que tout ce qu'il voyait autour de lui était mauvais. D'autres observateurs de l'époque, tels que Getleu ee Rvisersberg 3 et WmMPFELixG * trouvaient en Allemagne la part du bien, de même queGERsox en France im siècle auparavant '">. A côté de beaucoup de mal, mal qu'ils ont courageusement mis à nu, ils

I. Omis ecclesix, c. /|0, n. 2 : (d'ota nosira inclinatio ad vanitatem tendit; quidquid mali unicuique in mentem venerit, lioc impune perpelrare audet. »

■2. Ibid., n. I et 3.

3. Cf. L. Dacheux, Un réformateur catholique à la fin du xV siècle, Jean (Jeilcr de Kaisersberg (liSyO), p. i/u et suiv.

/i. Dialriba Jacobi 'WiMPHELiNr.ii Seletslalini, (Hagenaw, lôi'i), c. II, fol. (jb ; UiEGGER, Anuenitates literariœ (Fribourg, 17-5), p. 280-281, 36i.

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