‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 64 sur 290 · LUTHER ET L.V CO^JTINENCE · texte numérisé non relu

LUTHER ET L.V CO^JTINENCE

cet élat d'inipiulicilé, c'élail l'élal religieux. Ainsi donc : « Courage, et vite ; que l'on passe cîc cet état vicieux et antichrétien à l'état béni du mariai^e ; alors Dieu se montrera favorable '. »

Comment en arrivèrent-ils à d'aussi monstrueuses doctrines ? Ne les avaient-ils pas toujours prolesséesl' Oh ! certes non. Mais celui qui avait appartenu déjà au courant de la décadence pratique (et c'est de ce courant que venait le groupe principal de la nouvelle direction et du nouvel enseignement), celui-là avait déjà derrière lui un excellent noviciat; encore une enjambée plus ou moins grande, et il était dans l'autre bras du torrent, je veux dire dans le marécage de la complète immoralité : « Ceux qui appartiennent à cette clique », écrivait en i534 le vaillant franciscain Augustin d'Al- FELD, « s'enivrent soir et matin, boivent volontiers le reste de la journée, et se roulent dans l'impureté comme des pourceaux. Grâce à Dieu, ceux rjui avaient les nucurs de celte racaille cl qui viraienl parmi nous, ont presque tous déserté les chapitres et les coucents-. » Le cistercien Wolfgang Mayeu écrivait peu après : « Dieu a puriiié son aire, il a débarrassé le froment de sa baie 3 » Pour le nouveau concubinaire comme pour l'ancien, la maxime est la même : « La concupiscence est invincilîle, on ne peut résister à sa nature, n

i. De VVetle, 11, (J7Ô.

2. Lem>ie>s, Pater Auguslin von Alfeld (Freiburg, iSgij), p. 72.

3. Volonim monast. Tuior, dans le Cod. l. Mon., 2886, fol. 35 b.

Dans la nouvelle société, l'ancien concubinaire se trouvait donc aussitôt comme chez lui. Pour se débarrasser de tout, il n'avait aucun effort à faire; car il ne lui en coûtait rien, bien au contraire, de se laisser aller désormais sans remords jusqu'au bout des penchants de sa nature corrompue. Auparavant, pour un bon nombre, c'était là déjà l'objet de leurs désirs ; pour les réaliser, ils n'attendaient qu'une occasion favorable,, des précurseurs et des exemples, et ils en avaient maintenant à foison.

Pourtant, dans ce bras marécageux où règne l'endurcissement dans le vice et un christianisme dégénéré, on découvre aussi d'autres éléments, — et c'est le second groupe que l'on y trouve, — éléments qui autrefois étaient dans le courant de la réforme. Comment expliquer là leur présence ') Comment sontils entrés dans ce courant contraire, et précisément dans le bras le plus diamétralement opposé à la réforme? Pour ces hommes il est arrivé ce qui se produit d'ordinaire : d'abord, il y eut chez eux un manque de vigilance, surtout dans les occasions dangereuses, puis un jour vint la chute. En même temps qu'ils manquaient devigilaïice. ils abandonnaient peu à peu les pratiques du christianisme, négligeaient de rester en rapport avec Dieu : la prière, soit liturgique, soit privée (de la méditation, inutile de parler), devenait pour eux une torture, et la confession aussi. Et ainsi, sans force et sans appui, ils finirent, pour

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