DELAISSEMENT DE LA PRIERE
pas reproduire'. Ceux d'entre les contemporains qui savaient voir ont fort bien compris la situation. « Combien Votre Dilection a-t-elle trouvé de moines et de religieuses », écrit un prince à un autre, « qui, sortis pieux du couvent, ne soient devenus des polissons et des filles publiques 2. » Ce monde-là considérait l'ardeur de la concupiscence comme un avis de Dieu, par lequel il les appelait au mariage ^ ; puis, oublieux d'un vœu solennellement prononcé ils abusaient de la parole de saint Paul : c( Mieux vaut se marier que de brûler^. » Pourtant, en mars i5r?o,
1. Ibid., V, ■2-22. (( Ich bin an Rethen gebiinden und gefangen, uiid liège auf der Bore, scilicet mortuus mundo » (22 juillet lôaô). II y a là deux plaisanteries rabelaisiennes sur les mots Catherine et Bora. Kethe (Cattierine) rappelle Kette (chaîne) ; et Bore (Bora) rappelle Bahre (civière des morts). (N. d. T.).
2. Lettre du duc Georges de Saxe au landgrave de Hesse, Philippe, du n mars iSsS ; dans les lettres du duc Georges. {Zeitschrift fiir historische Théologie, iS'ig, p. 175.)
3. Der Briefwechsel des Justus Jonas, éd. G. Ka.wehau. (Halle, i884). En novembre 1021, ce prêtre et professeur écrit à Jean Lang (I, 77) : <( Dici nequit, quam me hic exagitet tenta tio carnis. Nescio an Dominus vocet ad ducendam uxorem. Hactenus quld carnis igncs sint, nescivi, ut in aureni tibi dicam, nam scrio cupio ut pro me ardentissime ores... Dominus servabit, spero, ([uod in me peccatore miserrimo plantavit... Concerpe litteras et perde. » Quelques semaines plus tard, après avoir remarqué que plusieurs prêtres s'étaient mariés, il écrit au même : « Quid'milii faciendum pu las .^ — quod tamen mi l'rater celabis — diaboli casses et calenas, fiuibus nos in secretis cubiculis, nocturnis illusîonibus, cogitationibus spurcissimis cai^livos et saucios duxit, perrumpere, et tum in aliis, tum forsan etiam in me ostendere, quant cupiani cxtinctam diabolicam hypocrisin P Tu ora Dominum, ut dot saci^rdotibus uxores christianas. » I, 83.