‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 70 sur 290 · Prov · texte numérisé non relu

Prov

2. S. TheoL, 2", 2", qu. i80, a. lo, ad 3 : « Rcligiosus peccans •ex contcmptu fit pessimus et maxime iiicorrig'ibilis. » Cf. saint Bernard, De prœceplo el dispens., c. 8.

LA PnOPAGANDE LUTHERIENNE 27

comme le raconte Nider, des concubinaiies a\aient, du haut de la chaire, mis l'état du mariage au-dessus de la virginité et ils avaient détourné beaucoup de jeunes filles d'entrer au couvent ; plusieurs fois aussi, on avait violé des religieuses dans les cloîtres ; mais arracher violemment des religieuses de leurs cloîtres, et souvent même les arracher ainsi par véritables bandes, voilà qui était réservé aux concubinaires dans les dix années qui suivirent la révolte de Luther (i5aoi53o). Au dire de ces hommes, rompre ses vœux et sortir du couvent était pour une religieuse une action inspirée de Dieu. C'est de ce milieu, en efTet, que sortit l'ouvrage intitulé : « Raisons et réponse pour montrer que, selon la loi de Dieu, les religieuses peuvent quitter leur couvent ^ » Pour leur propre ■compte, ils entendaient bien se marier avec des jeunes filles pures, et c'est dans les couvents qu'ils pensaient les trouver, encore qu'en public ils dissent de ces couvents tout le mal possible. Une fois l'évasion du couvent accomplie, ils en arrivaient à des choses inouïes : ils tenaient une sorte de commerce des religieuses profanées ; ils les mettaient véritablement en vente. « 11 nous en est arrivé neuf », écrit un prêtre apostat à un autre, « elles sont belles, gracieuses et toutes de la noblesse ; aucune n'a atteint la cinquantaine. A toi, •cher frère, j'ai destiné la plus âgée comme femme

1. Weim., XI, Sy/i et suiv. : Ursache und AntworI, dass Jungfrauen Klôslcr yôttlich verlassen môgen. »

légitime, mais si tu en veux une plus jeune, tu auras le choix parmi les plus belles ! ^ » Voilà bien enfin, je suppose, les bas-fonds du courant de la décadence et de la ruine.

Il est facile de comprendre qu'après avoir ainsi procédé à l'égard des vœux monastiques par un désir de luxure, qu'après avoir représenté l'infidélité à ces vœux comme une œuvre agréable à Dieu, on en soit venu à attaquer l'indissolubilité du mariage et à ne plus considérer l'adultère comme un péché ou une honte. De fait, on lui ouvrit portes et fenêtres, si bien que, dès lôao, une plainte parvient à nos .oreilles; elle est adressée au chef de cette société dépravée : u Quand donc s'est-il vu un aussi grand nombre d'adultères que depuis le jour où tu as écrit : « Si une femme ne peut concevoir de son mari, qu'elle aille avec un autre et qu'elle engendre des enfants; et son mari devra les nourrir. Et que l'homme en fasse autant de son côté-. » Un apostat lui-même jetait à l'un de ses pareils ce cri d'alarme: « Par le Dieu immortel! à quelles scènes de prostitution et d'adultère il nous

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