L\ FOI ET LES C*:UVRES
celui qui ne se donne pas le nom de saint, et qui ne se glorifie pas de l'être. Ce n'est pas là de l'orgueil, mais de l'humilité et de la reconnaissance; car si tu crois à ces paroles : « Je vais vers mon Père et votre Père », tu es un saint tout aussi bien que saint Pierre et tous les autres saints. La raison ? C'est que le Christ qui ne saurait mentir dit : Et vers votre père et votre Dieu. » Dans le mot « votre », chacun de ces prêtres et de ces moines débauchés se sentait compris. A la vérité, la hardiesse de cette manière de voir ne leur échappait pas. u J'étudie toujours ce point », continue Luther au même endroit, <( car il est étrange qu'un pécheur doive dire : J'ai une place au ciel près de saint Pierre. » Il n'en conclut pas moins : « Pourtant, nous devons vanter et exalter cette sainteté ; c'est là une fraternité précieuse comme l'or^ ».
Bref, tout le concubinat du xv' siècle et sa suite au x;vi% avec leur cortège de hontes, pâlissent devant les actes et la doctrine des prêtres et des moines apostats qui, de 1620 à i53o, s'étaient séparés de cet ancien courant. Erasme, qui cependant n'était rien moins qu'édifié de l'état de choses précédent, écrivait en 1529: (( Le monachisme gît à terre, assurément; mais plût à Dieu qu'avec leur froc ^ les moines eussent