‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 93 sur 290 · LUTHER DÉLAISSE LA PRIERE · texte numérisé non relu

LUTHER DÉLAISSE LA PRIERE

détournait Luther du recueillement, et de l'élévation vers Dieu par la prière. Naturellement ce genre de vie alla toujours en s'accentuant, surtout lorsque Luther fut entraîne par l'ardeur de la lutte. Les conséquences de la négligence du culte divin apparurent alors au grand jour. 11 en fut de même pour les autres Augustins de Wittenberg'.

Toutefois, Luther n'était alors rien moins qu'un contempteur de la vie monastique. Les lettres dont j'ai parlé ci-dessus, au sujet des règlements des ordres religieux, montrent au contraire qu'il était plein de zèle pour en assurer la stricte observance ; et c'est ce que l'on peut constater aussi par d'autres lettres de cette époque'^. On est même autorisé à soutenir qu'alors il avait beaucoup moins de ménagements pour les décrets et les statuts de l'Eglise (je ne parle pas des dogmes) que pour les statuts religieux^.

11 ne faut donc pas s'étonner que pour lui les vœux

(Gravainiim (jcrinanicx nationis, etc., clans Ricgi^er, Amœnitates lit. Friburg.. p. ôio) : i< Sacrificarc sive celebrare ; » — par Gcilcr de Kaisersberg {New. Fat. turb. LXXII, où il emploie indifféremment inissain Icguiit et célébrant); — \iS.T Gerson, cent ans auparavant (Deprœparatione ad missam, Opéra, 111, SaG et suiv.), etc.

1. S. Bonaventure a dit: <(In omni religione, nbi devotionis fervor tepuerit, etiam aliarum virtntvim machina incipit deficere et propinquare ruinœ». 0pp. éd. Quaracchi, t. VIII, i35, n. lO.

2. Cf. Enders, I, Ba, 53, 56, 07, C7, 99. En outre, ça et là il recommande la bonne éducation des jetmes religieux.

3. Dans son Commentaire sur VEpître aux Romains (f. 273 et précédemment; Ficker, II, 3i/i), il expose une conception exagérée dola liberté chrétienne (bien que toutefois, à la différence des Picards, il y exige l'obéissance aux commandements de l'Eglise) ; j)uis il plaide l'abolition des jours de jeune et la diminution des fêtes (fol. 275; Ficker, II, 317), «quia populus rudis ca conscientiac

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