‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 94 sur 290 · PREMIÈRES IDÉES DE LLTHER SUR LÉTAT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

PREMIÈRES IDÉES DE LLTHER SUR LÉTAT RELIGIEUX

fussent évidemment légitimes, s'ils étaient prononcés dans la formevoulue. La même annéefioiGj, il écrit que, malgré la liberté que le Christ nous a obtenue, « il est permis à chacun de prendre tel ou tel engagement en forme de vœu, par amour pour Dieu » et il s'écrie : u Qui est assez fou pour nier que chacun n'ait le droit de faire hommage de sa liberté à autrui et de se constituer soi-même prisonnier 1^ » etc. On ne doit le faire que par a un motif de charité et avec une foi éclairée : il ne faut pas y être poussé par la nécessilé de faire son salul, mais par une tendance spontanée qui nous y mène allègrement j). Au contraire, dit-il, en règle générale, les prêtres, les religieux, et les laïques eux-mêmes se rendent coupables, en négligeant la charité et ce qui est nécessaire au salut '.

f)l)s(Tval illa, ut sine iis salutem esse non crcdat». El il poursuit : « Sic (Uain utile essel, loluin pêne decreliim purr/are et miitnre, ac pompas, iinmo magis cereinonias oratlonum ornatuumqiie diininuere. Quia hirc crescunt in (lies, et ita crescunt, ut su); illis decrescat fides et charitas, et nutriatur avaritia, superbia, vana gloria, immo quod pejus est, quod illis homines sperant salvari, ninil solliciti de interno liominc w. Pourtant nous venons de voir conabicn peu lui-même il se £)réoccnpait de son intérieur. Mais 11 était dans le caractère de Luther de ne voir le ujal que cliez les autres, et non pas chez lui.

I. Epîlrc aux Romains, fol. 27 V ; Ficker, II, 3i6 ; « Quamquam hœc omnia sinl nunc liberrima, tamen cxamorc Dei licet unicuique se volo astrijigere ad hoc vcl illml. Ac sic jam non ex lege nova astriclus est ad illa, sed ex voto, quod ex amore Dci super scipsum protulit. Nam quis tam insipicns est qui neget, ])osso unnmqucmque suam libertatcm pro obs<j([uio allerius resignare et se servura [facerej ac caplivare vel ad hune locum, vel tali die, vel tali opère .^ Verum si es charitate id fucrit factum et ea lidc, ut credat, .<c non necessitatc salutis id fac^re, sed sponlanea voluntate et alTectu liberlatis. Omnia itaque sunt libéra, sed per votum ex charilate olFeribilia... »

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Quoiqia'ict Lutïrer se nai®n:trepessimis8e ' et enclin à gt'n<u-alisei% il ne dit toutefois rien fie faiix sut le fbiitl même des choses. Il présente encore l'amioiar ele Dieu comme le hiit de tons les vœox ;; il ne troure aucTinc difficulté dans les vœux, en eux-raêmses ; il ne s'emporte pas contre eux, comime étant opposés à la foi, au premier eommanidement, etc. Si telle eût été sa pensée, il aurait engagé: d'une maniè-Fe absolue à ne pas se faire reliiiieuix, puisqu'un religieux oe pxîut se concevoir sans la prolession des vœ-ux. Au contraire, que l'entendons-nous dire ? Une paige après, il pose cette question' : « Abin donc. (Mujourd'hmi, est-il bon de se faire reJiyienx') » Il répond : « Si tu crois ne pouvoir faire ton salut oj.u'en entrant en reliigioii, m'y entre pas : car ailors ili faiwrJraiit IJ'appli.qTn.er le proverbe : (( Le désespoir fait le nioïne n; et non seulement il fait le moine, mais il creuise l'enfer ». (]elui-là sera un Uon miiine qui se fera moine pair amoiHK c'est-à-dire qui,, considérant la gravité de ses; péchés, et voulant accomjdir /joar t^on Dieu quelque chose de grand par animir pour l'air renonceira volontairement à sa liberté, revêt&a l'habit de simplieitév et cowsenfira à des fonctions qui attirent le mépris '-. »

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