Enders. I
(18 PREMIÈRES IDÉES DE LUTHER SUR l'ÉTAT REUIGIEUT
tendre, quelques années après, décrire à son maître Bartliélemy l'excellence de la vie religieuse, pour l'affermir dans sa Aocalion d'augustin ^ A cette époque, <( la porte de saint Paul ne s'était pas encore ouverte pour lui », comme il devait arriver en lâiâet râiG.
Dans son Commenkiire sur l'Epître aux Ronmins. presque plus encore que dans ses Leçons sur le Psautier, il s'insurge contre les singularités, contre les religieux attachés à leur sens propre, à leurs i>ensées propres, contre les religieux personnels, entêtés, les religieux à la tète dure'^ ; il s'enttamme pour l'obéissance que, lui-même, il s'efforce de pratiquer, ^oas reviendrons sur ce point au cours de cet ouvrage. Tour l'instant, retournons plutôt à ses idées sur l'étai religieux.
En i5i8, il alTirme incidemment que le célibat des prêtres est fondé sur l'institution de l'Eglise plus que sur celle de Dieu : toutefois il en condamne la transgression comme un sacrilège. Et chez les religieux elle est un très grave sacrilège, a puisqu'ils se sont librement consacrés à Dieu et qu'ils se soustraient à lui après cette donation ^. »
En i5i9 et au commencement de lâao, il attaque
I. Comme lo raconle- Usinjïen liii-mèmfe. Voir P.vuLts, r>i'r Amjiistiner Barlh. Arnoldi. mil Usiiigen, p. 17.
a. f)ptnia>ios, capitoso«, cervicosos, dunn ccrricLs.
S. Decem prœcepta, VVcl»»., f, '189-: <♦ SacriJegium est. ubi jîirn non tantum castitas poHuitnr, s€(l ettàm (jnœ Dco soli fuit obiata. loUitnr et sanetum prophanatti-r. Verum hoc ex institntionc ecclesiio magi.'* cpiam ex l>eo (;st in sacerdotibxïs ; sed ïn rcli.ciosis gravissimiun est, quia sponte sese consccraverunL Domino et scsc snbtrabnnt rursum ». Cf. /|83, 21.
l'UEMltllES IDÉES DE LUTHER SLK l'ÉTAT HEL1GIEL\ (i(.)
drjii l'Egiise au sujet du célibat des prèlres, à cause des désordres nombreux dont cette loi était cause ' ; mais à ce propos, pas un mot ne tombe d^e sa plume contre les Aonix des rellçjieux -. 11 s'élève contre ces \œux seulement pour le cas où 1« prêtre et le religieux accompliraient les cn'rémonies, et même les œuvres d'C la cbasteté et de la pauvreté, afin d'être justiiiés et rendus bons ])ar elles : « Celui qui aurait cette pensée serait inrpic et renierait le Clirist, puisque, déjà justilié par la foi, il doit se servir de ces œuvres pour purifier la chair et le vieil bonime. afin que la foi au Christ croisse en liri, ([u'elle règne seule en lui et qu'il devienne ainsi le royamne de Dieu. Que le religieux accomplisse donc ces œuvres avec joie, non pour -acquérir beaucoup de mérites, mais pour être purifié-^ ». Ici encore, mais déjà plus amèrement qu'autrefois, Luther parle contre lesdésordres, contre les niau-
1. i?Tcia\ev Coinmeitluire sur l'Epilre aux Galale&. ^Veiin.^ Jt, Gi(i. En février iSso (Woiin.. Yl, i'i7). Luther i^laide pour le mariafi;e des prêtres, mais il se tait sur celui des moines.
2. Voicd ice qu"il dit lui-jaême daus le Journal de A. La.lteub\gh, à J'année jjoS (éd. SEinEMv>-\, p. 12-): «De manacliis iiunqHaui cog-itavi, quia siib voto erant, scd lantum de pastoribus, qui non possiinl (l'conoaniaiïn servare s-ine conjiige. »
.">. Weiin., M, p. âfo-j(j3 : « lia sacerdos el reli^iosus^ si o.pora «■erenioniarmii, imnio caslitatis et paupertalis fccerit, quod in iliis jiistilicari et bonus iieri velit, impins est et Clirislum negat. iciuii illis, jani jiistiliea'lns fide. uii dobeat ad purgaiidam carnern <'t veterem liominem, iil fides in Cbristo crescat et sola in ipso regnet el sic fiai regnuni Dei. Ideo hilaritcr ea faciet non nt intilta mereattir ^ed ut puriticetur. At, hui, quantus nrinc in gregibus istis morijus est, (pii et suniino Uedio ncc ni*i pro liac vila religiosiet sacerdotes sunt, ne pilum quidein vidén'tes. quid sint, (piid faciant, quid qnaîrant ». T^e même daus le Commentaire sur l'épitrc aux Galales.