PREMIERES IDEES DE LUTHER SLR L ETAT RELIGIEUX
vais prêtres, les mauvais religieux, à qui leur devoir est à charge. Il est d'autant plus étonnant de ne pas voir venir son accusation générale contre « le baptême monastique ». Dès cette année loiç), il s'exprime très ouvertement sur la liberté du chrétien, plus impétueusement qu'il ne l'avait fait dans son Commentaire sur l'Epîlre aux Romains^. Déjà, à la fin de i5i8, il avait traité le pape d'anteclirist -. Il ne parlait plus que de lois humaines, introduites dans l'Eglise ; n'admettait que trois sacrements^, et avait fait le premier pas pour l'établissement du sacerdoce universel '*. Eh bien, c'est pourtant alors qu'il regarde la vie religieuse, avec les vœux qui l'accompagnent, cette vie qui l'aurait si fort tourmenté, qu'il la regarde, dis-je, comme la voie la plus courte pour l'accomplissement des vœux du baptême.
De fait, deux années seulement avant la composition de son ouvrage Sur les vœux, c'est-à-dire en T5ig, il disait dans un sermon : « Chacun doit s'examiner sur l'état dans lequel il pourra le mieux détruire le péché et dompter la nature. Il est certain qu'il n'existe pas de vœu plus sublime, meilleur ni plus grand que le vœu du l)aptême ; car que peut-on promettre de plus que de chasser tous les péchés, de mourir à soi-même, de haïr cette vie et de devenir saint ? Outre ce vœu, pourtant, l'on peut fort bien
1. Ibid.. p. .'178, li'jç) (((Veritas Evaiigt-lii est scirc qiiod omnia licent »), Ô72.