‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 108 sur 312 · Weim., VIII, 638(i5ai · texte numérisé non relu

Weim., VIII, 638(i5ai

ï62 LUTHER POUSSE LES RELIGIEUX A l'aPOSTASIE

n'avoir jamais compris que d'après la doctrine catholique un vœu ridicule n'est pas valide, que le vœu doit avoir pour objet un acte moral, ou, comme dit la théologie, « un bien meilleure »

Le but de la conjuration formée entre Luther et Mélanchthon était de libérer l'odieux célibat; c'était là que tendaient les sophismes, les fausses interprétations et les mensonges de Luther. Il savait fort bien que s'il fût resté dans la vérité, il n'aurait pu atteindre ce but ; il savait aussi qu'un grand nombre de religieux n'avaient plus l'idéal de leur état, qu'ils brûlaient des feux de la volupté et qu'ils étaient mûrs pour la chute. Arrivé là, nous dit Luther « on oublie tout : lois, nature, bible, livres, Dieu et son commandement; on n'aspire qu'à satisfaire ses désirs mauvais 2. » Voilà la situation dans laquelle se trouvaient un grand nombre de religieux, et en vue de laquelle Luther avait écrit contre les vœux.

« Le monde veut être trompé, écrivait-il un jour; si l'on veut prendre beaucoup de rouge-gorges et d'oiseaux, il faut placer l'effraie ou la chouette sur la perche ou le bâton glué ; et alors tout va bien 3. » Luther a commencé par déformer la doctrine relative aux conseils et aux vœux, ainsi que leur rapport avec les préceptes, de manière à faire paraître les vœux comme contraires à la foi : puis chez les moines démo-

1. Déjà l'Ecclésiaste dit (5, 3^: « Displicet enim ei infidelis et stulta proraissio. » Et Saint Thomas, 2' 2", qu. 88, a. 2, ad 3 : « V^ota, quae sunt de rébus vanis et inutilibus, sunt magis deridenda quam servanda ».

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