‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 14 sur 312 · I. Dans les passages déjà cités · texte numérisé non relu

I. Dans les passages déjà cités

ET LE (( BAPTÊME MONASTIQUE » aS

obtenaient tous les avantages du baptême : « Quand mênie, dit-il, cette entrée en religion n'enlèverait pas toutes les peines dues au péché, elle serait toutefois plus utile qu'un pèlerinage en Terre Sainte* ». Pour lui, comme pour tous les catholiques, le véritable fondement de la vie chrétienne est le sacrement de baptême; tout ce qui par ailleurs est appelé baptême ne mérite ce nom que d'une manière relative, c'est-àdire par la ressemblance de ses effets avec ceux du sacrement 2, mais non par une ressemblance avec la nature et la dignité du baptême, qui, lui, imprime un caractère ineffaçable. Pour ce second baptême, il s'agit simplement d'une analogie et non d'une parité. Sans doute, dans son premier ouvrage contre Guillaume de Saint-Amour, alors qu'il était jeune maître, saint Thomas a dit, en s'inspirant tacitement de saint Bernard : « De même que dans le baptême l'homme est lié à Dieu par la religion de la foi en Dieu, et qu'il meurt au péché, ainsi par le vœu de religion, il meurt non seulement au péché mais encore au monde, pour vivre tout à Dieu dans cette entreprise, où, par serment, il s'est obligé à servir Dieu 3 ». Pourtant, en aucun endroit de

1. 3* 2", qu. 189, a. 3, ad 3 : « Legitur in VitisPatrum (libro 6, libelle I, n. 9), quod eandem gratiam consequuntur religionem intrantes, quam consequuntur baptizati. Si tamen non absolverentur per lioc ab omni reatu pœnae, nihilominus ingressus reiigionis utilior est quam peregrinatio Terrae sanctaî ».

2. /|. Sent., dist. It, qu. 3. a. 3, qu. 1 : « Dicitur aliquid baptismus secundum proportionem ad eundem effectum, et sic dicitur baptismus paenitentiae et baplismus sanguinis », selon les termes de Pierre Lombard.

3. Contra impugnantes Dei cultum et religionem^ c. i, n. 3. a Sicut autem in baptismo homo per fidel religionem Dec ligatur.

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ses œuvres, quelque longuement qu'il ait écrit sur la vie religieuse, il n'a jamais prétendu, quoique l'occasion s'en soit fréquemment présentée, que lorsque quelqu'un entrait dans un ordre, il se trouvait dans le même état que s'il venait de recevoir le baptême ; il n'a jamais dit que la vie religieuse fût l'égale du baptême.

Du reste, présentées simplement ainsi, ces propositions seraient fausses, ou tout au moins fort équivoques. L'entrée purement extérieure et matérielle n'est d'aucun profit. Non seulement celui qui émet les trois vœux en état de péché grave ne reçoit aucune grâce, mais il attire sur lui la colère de Dieu ^ ; et saint Thomas dit expressément : Dans l'état de perfection, il y en a qui n'ont que la charité imparfaite, ou qui même ne l'ont pas, et c'est le cas de beaucoup d'évêques et de religieux, qui sont en état de péché mortel, tandis que nombre d'excellents pasteurs des âmes ont la charité parfaite 2. Comme tous les autres docteurs catho-

peccato moritur ; ita per votum religionis non solum peccato, sed saeculo moritur, ut soli Deo vivat in illo opère, in quo se Deo ministraturum devovit fidei » [éd. Vives, 1876, t. XXIX, p. 4].

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