‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 144 sur 312 · PAMPHLET · texte numérisé non relu

PAMPHLET

de Luther ; des centaines en sont dédiés aux prêtres et aux religieux, à ceux surtout des ordres mendiants ; en règle générale, ils avaient pour auteurs les moines et les prêtres apostats passés à Luther, et devenus tout naturellement les calomniateurs et les persécuteurs de leur état d'autrefois. Les abus, dont euxmêmes ils avaient été précisément les principaux représentants, y sont grossis à l'infini, si bien que de l'état tout entier, ainsi passé et repassé au crible, il ne reste plus un atome de bon.

Souvent ces pamphlets sont sous forme de dialogues; l'un des interlocuteurs est un prêtre ou un religieux, l'autre un luthérien, très fréquemment un simple campagnard ou un ouvrier, en tout cas un laïque. Naturellement, le prêtre ou le religieux joue le rôle de l'imbécile : au tableau de convention que ses adversaires font de la doctrine catholique, il ne trouve à répondre que des niaiseries ; il' ne parvient pas à résoudre une seule objection, est obligé de céder de plus en plus à son contradicteur, et finalement exprime son étonnement de la connaissance de la Bible

plus loin : « Tum adsunt mihi disputationes et apologias sine numéro quibus omnibus adeo sibi adiubescit nostra Germania, ut perpaucos illic invenias qui non et capsulas liabeant plenas et scrinia. Ad haec, dum e{?o (Werstemius) composito intérim animo nihil commoverer, supplaudere visus sum tam nephando conatui, producit illico dialogos aliquot, tum latinos, tum etiam versos germanice, picturatos quidem et elegantulos, sed intantum aliènes ab Evangelio, ut ego nunquam viderim execrandiora ludibria. Laudavi tamen et rogavi num quid haberet recentius. Quidni haheam ? infit ; videsne hœc gallica scripta ut ui.ique suis interspersa figuris rident ? Ad Lcodicenses illa clanculum defero, ad Lymborgenses, ad Namurcenses, ut et ipsis quoque tandem incipiat dulcescere Lutheranum Evangelion »,

2l8 PROCÉDÉS ODIEUX DE DISCRÉDIT

et de la supériorité de ce simple ouvrier, qui déclare alors qu'il doit sa science à Luther. Par un fréquent coup de théâtre, le religieux ou le prêtre reconnaît qu'il a été trompé: il se promet, à la prochaine occasion, de jeter le froc aux orties, et de courir à Luther, évidemment pour arriver à être comme cet homme de Dieu, humhle, réservé, chaste, moral, doux, docile, conciliant ! D'autres fois, les pamphlets sont en vers ; très fréquemment, ils peuvent s'adaptera des mélodies connues, souvent à des mélodies religieuses, afin qu'aussitôt on puisse les chanter. Par exemple la chanson Sur la tunique hypocrite des moines se chantait sur l'air de Christe qui lux es et dies^. Mais il suffit; car,

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