‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 169 sur 312 · I. Dictata super Psalterium, Weim., IV · texte numérisé non relu

I. Dictata super Psalterium, Weim., IV

l'office nocturne, autres veilles 9 53

de se lever au milieu de la nuit* ». Bien plus, Luther va jusqu'à se déclarer résolument pour la méditation matinale, dont les coutumes de son ordre ne disaient rien, et il demande que, pour la rendre fructueuse, on ne se dissipe pas la veille au soir, mais que l'on fasse même une méditation pour s'y préparer 2. Et pourquoi tout cela ? Pour mériter le pardon de ses péchés ? Pour obtenir la justification ? Nullement, mais pour se souvenir de Dieu ^, La rémission des péchés est une grâce absolument gratuite. Empruntant les paroles de saint Augustin''', il écrivait quelques pages plus haut : « Ce n'est pas à cause de nos mérites, mais par pure bonté que Dieu nous remet nos fautes et nous promet la vie éternelle ». Puis il ajoute : « En effet, c'est la foi qui nous justifie^ ».

Du reste, alors comme aujourd'hui, les religieux faibles de santé ou surchargés de travail (il est inutile de parler des malades) étaient dispensés de l'office de la nuit. De tout temps d'ailleurs on avait défendu de se livrer à des veilles de par son autorité privée. Si sur ce point Luther a été trop loin, il y avait là de sa faute, et par conséquent, péché contre la vertu de discrétion, dont je vais parler dans un instant.

1. Ibid., p. 335, sur le verset : « Media nocte surgebam ad confitendum tibi » : « Nox... Satis expresse ad literam hic notât surgendi morem in Ecclesia in média nocte ».

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