‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 193 sur 312 · GRANDE UTILITÉ DES MORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

GRANDE UTILITÉ DES MORTIFICATIONS

nous racontera plus tard, ces mortifications l'auraient mené à deux doigts de la mort, c'est à partir du moment où il les aurait rejetées comme nuisibles qu'il se déclare encore pour la nécessité relative de ces exercices. En i5i6, il écrit dans son Commentaire sur VEpître aux Romains : « Le bien visible de l'homme nouveau est tout ce qui fait souffrir la sensualité et contrarie le vieil homme, comme de le mortifier et de faire des bonnes œuvres ; de même, en sens opposé, son mal visible est ce qui est bon et agréable au vieil homme, comme la liberté de la chair et la négligence de l'esprit ^ ». Et quelques pages plus loin : « Le jeûne est l'une des armes les plus redoutables des chrétiens, tandis que la gourmandise est la meilleure machine de guerre du diable 2». Deux ans plus tard, il ira jusqu'à dire: (( Nous devons sans cesse mortifier notre concupiscence par les gémissements, les veilles, le travail, la prière, les humiliations et autres manières de se crucifier, enfin par la mort^». En 1619, dans son premier Commentaire sur VEpître aux Calâtes, où il est déjà très violent et où ressort tout particulièrement sa théorie de la justification, il écrit que la charité n'est pas oisive, mais qu'elle crucifie assidûment la chair

1. In Ep. ad Rom., c. 12, fol. 256 [Ficker, II, 288, 34] : « Bonnm visibilc novi hominis est omne quod malum est sensualitati, et con- Irarium vetcri horaini, ut sunt castigatio veteris hominis et bonorum operum exercitatio. Sicut e contra malum visibile est omne, quod bonum est veteri homini et amicum, ut sunt licentia carnis et negligentia spiritus. » (i5i6).

2. Incp. ad Rom., c. i3, fol. 271 [Ficker, II, 3io, a8] : « Jejunium est unum de armis potentissimis christianorum ; gula aU' tem potentissima diaboli machina. »

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