SES DÉGL.IRATIONS ANTÉRIEURES SUR SON OBEISSANCE
à-dire pendant la troisième année de son séjour à Erfurt, il fut complètement sous l'autorité du prieur. Se serait-il par hasard soustrait à cette autorité? A l'insu de son supérieur aurait-il pratiqué des macérations quasi mortelles? Mais il dira plus tard : « Je n'aurais pas pris un liard sans la permission de mon prieur^ ». Je le crois sur parole, mais cette confidence le condamne. Pendant plusieurs années de sa vie monastique, nous le voyons pratiquer une obéissance aveugle dans les choses extérieures, quoique de son propre aveu, ainsi que nous le verrons au chapitre suivant, il fût tourmenté intérieurement de grandes tentations de sens propre. Aussi loin que nous pouvons remonter dans ses écrits, il y parle de la nécessité de l'obéissance aveugle pour le religieux. Voici en ce sens quelques passages parmi plusieurs autres.
Expliquant le verset 2 du psaume I : « Sa volonté est dans la loi du Seigneur », il dit : « Il se trouve encore aujourd'hui quelques personnes qui, par leurs sentiments orgueilleux et par leurs œuvres perverses, veulent que la loi de Dieu soit dans leur volonté et non leur volonté dans la loi de Dieu. C'est en ce qui leur plaît, en ce qu'ils décident et établissent, que Dieu doit trouver son plaisir. Il y a beaucoup de religieux de ce genre, aujourd'hui surtout. Ils réservent leur jugement au sujet des ordres de leur supérieur. Ce n'est pas là être soumis à son supérieur, c'est se placer au-dessus de lui. Une seule raison doit suffire au religieux pour motiver son obéissance : il a promis